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Talisa (+) Le temps efface nos erreurs, peut être nos blessures

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Shae Woodstock
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≡ arrivée : 13/07/2015
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MessageSujet: Talisa (+) Le temps efface nos erreurs, peut être nos blessures Mer 15 Juil - 12:42



But I'm holding on for dear life, won't look down, won't open my eyes.
Deux semaines, depuis ces quelques jours, Shae avait l'impression que les murs autour d'elle ne cessait de se rapprocher. Des murs épais, trop grand beaucoup trop grands d'ailleurs. Leurs grandeurs ne cessaient de l'étouffer encore et encore, l'enfermant dans des tumultes de plus en plus violents et des crises d'angoisses dont elle ne pouvait se relever. La peur prenait le dessus alors même que l'adrénaline qui l'avait poussé à s'enfuir s'estompait un peu plus chaque jour. Le regard de Cameron la hantait le jour, mais encore plus la nuit. Il se dessinait dans ses rêves ou plutôt ses cauchemars, grimaçant sous la colère, et lui infligeant des peines dont elle ne parvenait pas à se relever. La solitude l'assaillait de toute part, comme si elle ne parviendrait jamais à s'en sortir, comme si la seule once de bonheur à laquelle elle voulait se raccrocher n'existait plus. Il n'y avait que les ombres et l'obscurité. Rien ne parvenait à percer ces nuages épais, rien du tout. Alors, angoissée, elle continuait à avancer. Du moins tentait-elle d'y parvenir. Sursautant au moindre bruit, cherchant à se cacher derrière ce masque qui dévoilait aux autres qu'elle était normale. Certes, elle ne serait probablement jamais plus enjouée, mais le simple fait d'être normale était une idée qui réussissait à l'apaiser. Peut être qu'un jour, elle ne craindrait plus cette arrivée ? Peut être qu'une nuit, elle parviendrait à dormir d'une traite, sans avoir à se réveiller pour pleurer à cause des images qu'elle revivait ? Peut être qu'elle serait enfin soulagée... Cet infime espoir parvenait à éveiller en elle une force dont elle n'avait jamais soupçonné l'existence. La jeune fille parviendrait un jour à respirer tout simplement. Même si ce jour était aussi éloigné qu'un rêve jamais réalisé, même si les épreuves qui en découleraient seraient terribles et difficiles, malgré tout cela, elle voulait y croire. Mais en attendant, il fallait qu'elle parvienne à garder contenance à la moindre occasion et il fallait simplement survivre. Il n'y avait probablement rien de plus difficile que cela, garder intact cet instinct humain sans le craindre et sans se retourner. Bien sûr, il lui arrivait parfois de se demander si elle n'avait pas fait la pire erreur de sa vie en fuyant, si elle ne ferait pas mieux de reprendre son véhicule et de repartir pour le retrouver. Tenter de se faire pardonner, lui expliquer qu'elle n'y avait pas réellement réfléchi. Mais c'était trop tard. Le danger était bien trop important pour qu'elle se risque à agir de cette façon. A présent, elle devait juste continuer. Inspirant bruyamment, c'est en se réveillant encore une fois en sursaut dans sa chambre d’hôtel que la jeune fille s'était assise sur son lit. Les genoux ramenés au niveau de son visage, tremblant comme si elle manquait de céder à la moindre pression invisible, Shae essayait de taire les larmes qui remontaient au niveau de ses yeux. La boule au creux de son ventre ne cessait de la tirailler, lui infligeant par la même des rappels de douleurs qu'elle aurait tant aimé oublié et pourtant, rien ne pouvait y parvenir. Cette nuit encore, il était parvenu à la retrouver et cette nuit encore, il s'était vengé à sa manière en l'affligeant de coups et en lui rappelant à quel point elle n'était rien. Et quelque part, il avait raison de la traiter de la sorte car telle une ombre, Shae se contentait simplement de suivre le cours de sa vie. Honteuse, souillée, perdue, elle dévalait les pentes abruptes de ce monde en quête de nouvelles épreuves à affronter, car quand bien même aurait-elle pu espérer autre chose. La vie n'était pas blanche, rien n'était blanc, tout était toujours entaché voire même cramoisi et pourtant elle continuait de vivre. Certains y voyaient la le signe d'une force, alors que pour d'autres il s'agissait tout simplement de lâcheté. Reniflant d plus belle, Shae se décida enfin à bouger. Ses membres lui faisaient mal, comme à chaque fois qu'elle se réveillait ainsi, tant elle se crispait et pourtant elle parvenait toujours à se relever. Les yeux rougis, elle se dirigea vers la salle de bains et laissa ainsi se déverser de l'eau sur l'ensemble de son corps chétif. A présent, qu'elle parvenait à manger de manière normale, elle avait l'impression de reprendre un peu du poil de la bête, mais cela était bien loin de ce qu'elle pouvait être auparavant. Son visage était marqué, non pas à cause de ce qu'elle avait pu vivre, mais plus par rapport à la maigreur qui avait creusé ses joues. Quoi qu'il en soit, apprenant tout juste à se reconstruire, la jeune fille réapprenait à apprécier les bienfaits que pouvaient procurer de-ci de-là quelques bricoles de la vie de tous les jours. L'eau ruisselant sur son corps, la chaleur qui s'en dégageait et qui contrastait à merveille avec la froidure des maux qui l'encerclaient encore. Tel un papillon, la jeune fille parvenait difficilement à s'extirper de son cocon, timidement, mais sûrement malgré tout. Petit à petit, ses membres parvinrent à se détendre, lui permettant ainsi de reprendre contenance et ainsi d'éloigner un peu plus la pression qu'elle pouvait garder sur ses épaules. Certes, elle ne s'en allait pas complètement, mais la charge commençait à devenir moindre. Les yeux clos, elle effaçait petit à petit le visage menaçant de son ancien petit ami, pour le remplacer par des paysages idylliques. Et lorsqu'elle jugea que le temps était opportun, la jeune fille finit par sortir de cette bulle vaporeuse et lui inspirant confiance pour ainsi affronter à nouveau l'obscurité de la chambre. Quelque part, la crainte qu'il ne la retrouve était tellement présente, qu'elle avait pris pour habitude de n'allumer les lumières qu'en cas d'extrême nécessité. C'était très certainement un réflexe des plus idiots et quelque peu puéril, mais elle parvenait à se persuader qu'il ne la retrouverait pas de cette manière. Ainsi donc, c'est dans un état un peu plus calme, qu'elle s'installa sur l'une des chaises de la chambre et qu'elle laissa ses doigts caresser doucement le bois ciré de ce bureau grossièrement aménagé. Le regard dans le vide, elle essayait de penser à ce que serait le jour à venir et à la manière dont elle pourrait appréhender ce dernier. Un mince sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'elle repensait à sa volonté de la veille pour aujourd'hui. Quelque part, elle craignait énormément cette journée, mais d'un autre côté, elle ne cessait de penser à la manière dont les choses pourraient tourner. Très certainement mal... Mais au moins, elle l'aurait revu et aurait ainsi pu lui parler une nouvelle fois. Shae se pinça doucement les lèvres à l'idée de cette confrontation qui parvenait à lui faire beaucoup de bien. Talisa était son plus grand regret. Celle qu'elle n'avait jamais voulu laisser de côté, mais dont elle fut contrainte de le faire. Allez savoir quel mal Cameron aurait pu lui faire, juste pour que Shae ne la fréquente plus. La jeune fille ne préférait pas y penser et cherchait juste à trouver maintenant les meilleurs mots qu'elle pourrait lui dire en la voyant. Ces derniers s’enchaînaient dans son esprit, allant de choses quelque peu clichés à d'autres vraiment plus travaillés. Et alors que l'angoisse retrouvait son sein dans le creux de son estomac, Shae finit par se persuader d'attendre et de voir. Il ne servait à rien d'imaginer les pires scénarii, cela ne l'avançait à pas grand chose à vrai dire. Aussi, c'est dans l'optique de pouvoir juste revoir son amie et d'ainsi tenter de passer assez de temps avec elle pour ainsi savoir si elle allait bien et si elle parvenait à vivre son rêve que la jeune fille finit par conclure son but. Après quoi, elle se réinstalla sur son lit et se contenta d'admirer le plafond de cette grande chambre, en attendant que le soleil se lève. Et lorsqu'il pointa ses premiers rayons, Shae s'assoupit quelques instants, y trouvant là un certain apaisement. Les ombres lui paraissaient nettement moins menaçantes la journée, même si elle ne cessait de les craindre. Et puis aujourd'hui était son jour de repos, autant allier l'utile à l'agréable. Lorsqu'elle se réveilla quelques minutes plus tard, c'est dans l'optique de s'habiller en vitesse et de partir prendre son petit déjeuner dans un nouveau café qu'elle se prépara. Encore une fois, elle ne préférait pas prendre des habitudes en se rendant à des mêmes lieux, ou en empruntant tout simplement le même chemin. Il était capable de la traquer jusque là et elle ne voulait pas s'amuser à ce genre de jeu. Quoi qu'il en soit, c'est donc vêtue le plus simplement du monde à l'aide d'un tee shirt bien plus grand qu'elle et d'un jean que la jeune fille partit boire un café dans le centre ville. Munie de ce journal, sur lequel était inscrit l'adresse de Talisa, Shae s'y raccrochait comme si sa vie en dépendait, et y voyait là un nouveau départ. Aussi, une fois son petit déjeuner pris, c'est en inspirant comme pour se donner du courage qu'elle entreprit d'aller à pieds jusqu'à sa voiture. Son cœur battait à tout rompre contre sa poitrine, lui donnant ainsi l'opportunité de croire qu'il vivait et qu'il désirait se battre quoi qu'il advienne. Le sourire sur les lèvres, le regard rivé vers le sol, Shae finit par entrer dans l'habitacle et ainsi allumer contact avant de prendre la route jusque vers le sud de Memphis. Une fois arrivée sur les lieux, et qu'elle coupa le moteur, la jeune fille finit par se dire que ce n'était certainement pas une si bonne idée que cela et qu'elle risquait de faire du mal à son amie en se montrant. Elle savait à quel point, Talisa avait du mal à s'attacher et connaissait son histoire et même si elle avait agi en conséquence pour la protéger, elle n'était pas sûre d'être comprise. Elle savait au fond d'elle, que Talisa ne la pardonnerait jamais de cet abandon. Et Shae lui donnait entièrement raison. Qui voudrait d'elle après tout ? Cameron n'avait cessé de lui répéter qu'elle n'était bonne à rien et que personne ne risquait de s'intéresser à elle tant elle pouvait paraître inintéressante. Et il avait réussi à la convaincre de cette idée, l'enfermant ainsi dans un cercle malsain et empli de douleurs. C'est pourquoi, franchir la portière de cette voiture serait très certainement à nouveau la continuation de cette optique. Et pourtant, une autre part d'elle ne cessait de l'encourager à sortir, à vouloir se confronter à son amie, à vouloir lui sourire et peut être même l'enlacer en guise du bon vieux temps. Elle était cette dernière porte qu'il lui restait, celle qui serait peut être la seule à ne pas se refermer sur elle. Prenant sa tête dans ses mains, Shae inspira encore une fois et finit par trouver le courage nécessaire pour abaisser la poignée de cette porte. D'un pas incertain, elle franchit la rue et arriva devant la porte de l'appartement de son amie. Elle releva doucement sa main, mais au moment de toquer cette dernière, la jeune fille s'arrêta. Ce n'était pas une bonne idée, ou peut être que si... Déchirée entre deux états, elle s'apprêtait à faire demi tour, encore trop fragile pour affronter un nouvel échec, mais sa main toqua malgré doucement contre le bois de la porte. A présent il était trop tard pour reculer. Elle fit un pas puis deux en arrière, alors qu'elle fut surprise d'entendre les aboiements d'un chiot derrière la porte. Enfermée dans ces ombres qui l'assaillaient de toute part, la jeune fille avait encore la sensation que les murs se refermaient autour d'elle. L'oxygène lui manquait, si bien qu'elle suffoquait déjà. Jusqu'à ce qu'un rayon de lumière ne l'éblouisse timidement alors que l'air lui revenait en même temps que Talisa ouvrait la porte. « Bonjour Talisa. » la salua t-elle sans oser relever les yeux, sans même oser franchir un pas en avant, tant elle s'attendait déjà à ce que la porte ne se referme aussitôt. « J'ai su que tu étais ici toi aussi, alors j'ai voulu venir te dire bonjour. » Son regard n'arrivait pas à se relever et rester simplement rivé vers les pieds de son amie. Shae craignait tant de lire dans ses yeux la déception qu'elle pourrait lui occasionner ou même le dégoût de sa venue. « Est ce que … on peut parler s'il te plaît ? » lui demanda t-elle de sa voix timide, alors qu'elle rejoignait ses mains sans pour autant relever les yeux. Oui parler serait probablement la meilleure chose à faire, mais si elle ne voulait pas l'écouter, jamais la jeune fille ne l'aurait obligé à le faire. Et comme si le monde tournait trop vite pour elle, et que la réalité parvenait à se frayer un chemin des plus douloureux dans son esprit, elle s'empressa de reprendre dans un ton craintif, dévoilant par la même occasion ses craintes. « Si tu as le temps. Je comprendrai que tu ne veuilles pas. D'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi... j'aurai pas du venir, je suis désolée. » Les lèvres tremblantes, Shae avait envie de fuir, de partir très loin et de rester seule. Il n'y avait qu'en cela qu'elle était douée. Et au moins elle n'infligeait aucune peine à son amie, qui devait très probablement la voir le plus loin possible elle aussi.

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Talisa Lockstone
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MessageSujet: Re: Talisa (+) Le temps efface nos erreurs, peut être nos blessures Dim 19 Juil - 22:19



Friends will be friends, holding hands will someday surely form a band.
Talisa suivait du regard son chiot courir à travers le parc, gardant un œil sur sa petite boule de poil bien qu’elle ne soit pas assez aventureuse pour s’éloigner de trop du banc où la jeune femme s’était installée. Elle eut un léger sourire à le voir, courir après une mouche ou tout autre insecte volant, croyant dur comme fer qu’il allait pouvoir l’attraper au prochain coup de mâchoire. Mais à chaque fois, cela passait à côté et Spooki partait à l’assaut d’autre chose. Il était libre. Libre de courir, de sauter, de s’amuser et de faire à peu près tout ce qu’il avait envie. Pour cela, Talisa l’enviait. Les seules préoccupations qu’il connaissait c’était l’heure de la sieste, l’heure de la balade et l’heure pour manger. Si ce genre de programme pouvait concerner également les humains, la vie en serait définitivement plus simple. Talisa ne se rappelait plus la dernière fois où elle aussi s’était sentie libre. Ou elle avait eu l’impression de ne rien avoir sur les épaules, pas de poids, pas d’obligations, rien. Que personne n’attendait quoi que ce soit d’elle. Que personne ne scrutait le moindre de ses mouvements, attendant le moment propice pour surgir et la blâmer parce qu’elle ne fait pas comme tout le monde. Parce qu’elle ne faisait jamais comme tout le monde. Elle aurait voulu connaitre ce sentiment plus jeune. Celui où la seule chose à laquelle elle devait penser en se levant le matin était à quoi elle allait bien pouvoir jouer avec ses amies tout au long de la journée. Mais son enfance était passée, elle avait grandi sans que jamais ce moment n’arrive.  La jeune femme avait simplement réussi à faire le vide autour d’elle, évitant par la même occasion les jugements des autres et ce qu’ils appellent leurs conseils. Personne ne pouvait plus la juger parce que personne n’était plus assez proche d’elle. Le cours de sa vie lui avait au moins permit d’apprendre cela : qu’accorder sa confiance pouvait être une bonne chose, c’est vrai. Mais c’est beaucoup plus dangereux qu’il n’y parait, parce qu’au final peu de personne la mérite vraiment, peu de personne savent vraiment ce qui cela signifie et agissent en conséquence. Et Talisa n’était jamais tombée sur ce genre de personne là. Celle qui faisait attention. Celle qui était présente. Elle n’avait eu droit qu’aux déceptions et aux regrets, les rendant si familiers, qu’à présent elle avait l’impression qu’ils ne la quittaient plus une seconde. Alors elle avait appris la leçon, il lui avait fallu plusieurs années, plusieurs chutes mais elle y était arrivée. S’entourant un minimum, souriante et enjouée quand la situation le demandait, passant pour une personne agréable et heureuse de vivre. Heureuse d’être là. Partageant sa vie et quelques anecdotes pour favoriser les liens, être toujours présente pour les autres quoi qu’il arrive parce qu’elle ne pouvait pas renier totalement sa vraie nature, et l’inquiétude qu’elle ressentait envers ses amies en faisait partie, tout comme son envie de les voir heureuse. Parce qu’elles, elles y avaient droit. Finalement, agir comme une personne normale, sans histoire et sans passé compliqué. Mais ne jamais laisser quelqu’un entrer complètement dans vie. Ne jamais laisser une seule personne connaitre les détails parce qu’elles finiraient par s’en aller, exactement comme les autres avant. Ne jamais s’attacher, du moins pas de trop. Aimer les gens et leur présence tout en gardant le contrôle. Tout en restant prête à partir, à s’éloigner, à n’importe quel moment. C’était le seul moyen, la seule solution pour se préserver. Pour éviter d’avoir à souffrir une nouvelle fois. En tout cas, c’était tout ce que Talisa avait trouvé et qui semblait marcher. Depuis qu’elle l’appliquait, elle n’avait pas eu à serrer les lèvres pour éviter les larmes de dévaler le long de ses joues après une énième déception. Elle n’avait pas eu à forcer un sourire depuis quelques temps. Elle n’était sans doute pas complètement honnête, c’est vrai. Elle ne cherchait pas à s’attacher et ne s’en cachait pas. Elle n’était pas celle qui parlait le plus de sa vie ou qui parlait en général, s’imaginant qu’ainsi elle conservait sa propre porte de sortie de secours. Mais tout cela ne l’empêchait pas d’être là, présente en cas de force majeure. Et mineure aussi. Parce que malgré les efforts, Talisa ne pouvait pas changer complètement. Elle ne voulait pas s’attacher et mettait toutes ses forces dans cet objectif mais personne ne pouvait lui demander de ne pas être attentive, de ne pas calculer ce qui se passait dans la vie des personnes qu’elle côtoyait presque tous les jours. Parce que cela, ce n’était pas elle. Distante mais pas totalement indifférente. Et parfois, c’était bien ce qui avait failli la perdre. Plus d’une fois avant qu’elle ne comprenne la leçon. Avant qu’elle ne réussisse à admettre qu’elle faisait partie de ces personnes que la vie n’aimait pas beaucoup et qui n’en attendait finalement plus rien. Elle était décidée à s’en sortir seule ainsi elle évitait un certain nombre de surprise. Un certain nombre de désillusions, particulièrement malvenues.  Un aboiement la fit sortir de ses pensées et Talisa releva les yeux. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire face à la scène qui se jouait devant elle : son chiot essayait vainement de faire peur et d’atteindre un chat, tranquillement installé en haut d’un mur. Autant dire que le chien n’avait strictement aucune chance de gagner. La jeune femme le regarde quelques secondes, en train de s’exciter tout seul à cause d’un chat avant de finalement se lever. Talisa s’approcha, se baissant à sa hauteur pour pouvoir attacher la laisse avant de l’emmener avec elle, plus loin. « T’es bien trop petit pour faire peur à qui que ce soit. » Mais d’ici quelques temps, le chat ferait surement moins le malin, c’était certain. Du coup de l’œil, elle surprit sa boule de poil se retourner pour vérifier que le chat n’avait pas bougé de place alors qu’ils sortaient du parc. La balade était terminée mais Talisa devait bien admettre qu’elle y serait restée volontiers. Assise sur un banc, à profiter des derniers rayons de soleil avant que l’hiver n’arrive et surtout à ne rien faire. C’était un programme plutôt sympathique, il fallait bien l’avouer. Pourtant la jeune femme aimait son appartement, elle pouvait y rester des heures, s’amusant à faire tourner Spooki en rond autour d’elle, à l’aide d’un jouet. Et cela marchait à tous les coups. Mais ces derniers temps, elle avait le sentiment étrange que son appartement faisait vide. Il lui arrivait parfois, en rentrant le soir après une longue journée, de regretter de n’avoir personne à qui parler. Pas de choses profondes et qui demandent des heures et des heures de réflexion, simplement de la journée. Comme une personne normale le fait avec sa famille. Sauf que Talisa n’en avait pas. Elle n’en avait plus. C’est sans doute pour cette raison que la jeune femme s’était décidée sur un coup de tête, à chercher un ou une colocataire. L’appartement était assez grand pour deux et puis partager le loyer ne pourrait pas non plus lui faire de mal, au contraire. Cela dit, plus les jours passaient moins Tali y croyait. D’autant plus, qu’elle semblait tellement exigeante qu’il y avait finalement peu de chance qu’elle arrive à s’entendre assez avec une personne pour accepter de vivre avec. Peut-être qu’elle allait devoir revoir ses critères à la baisse pour avoir une chance ? Bien que cette idée ne l’enchante pas vraiment. Mais elle avait surement encore un peu de temps avant d’en arriver là et elle n’avait pas envie de sacrifier une journée de repos à se poser toutes ces questions. Elle avait déjà décliné un projet de sortie entre filles pour pouvoir être tranquille. Pour pouvoir se reposer ne serait-ce qu’une journée avant d’affronter dès le lendemain de nouveaux patients, prêts à tout pour raconter leur vie et surtout pour se plaindre. Certains jugeaient leur vie médiocre et si c’était le cas, elle ne leur souhaitait pas une seconde de connaitre ce qu’elle avait vécu à l’âge de six ans, dans ce cas-là elle ne savait pas comment il serait capable de l’appeler. Fermant la porte de l’appartement derrière elle, Talisa s’empressa de détacher le chiot avant qu’il n’essaye de s’échapper, l’embarquant avec lui par la même occasion. La brune eut un sourire devant tant d’empressement et d’énergie avant d’enlever ses converses et sa veste, les laissant tous les deux dans l’entrée. Elle profitait souvent de ses jours de repos pour aller se balader avec lui plusieurs fois. C’était en compensation préventive de l’hiver où elle savait déjà qu’elle allait rechigner à mettre le nez dehors, préférant rester au chaud. Talisa regagna le salon, Spooki sur ses talons. Elle vérifia son portable pour s’assurer qu’elle n’avait rien manqué avant d’allumer la télévision et de s’installer devant. La télécommande dans une main, elle espérait trouver quelque chose à même de faire passer un peu le temps pendant que le chiot se roulait en boule à côté d’elle, déjà prêt à s’endormir. Essayer de faire peur à un chat de deux fois votre taille, ça fatigue…  Talisa s’installa plus confortablement devant des rediffusions d’épisode d’une série qui lui semblaient vaguement familiers. Elle jeta un coup d’œil à son chien, se demandant si elle ne ferait pas mieux de faire comme lui. De toute manière entre ne rien faire, regarder la télévision et dormir, le résultat reviendrait au même. Mais le sommeil ne venait pas et elle s’était prise au jeu de la série même si elle savait déjà ce qui allait s’y passer. La jeune femme attendait sagement la fin de la pub quand un coup à la porte la sortit de ses pensées. Spooki fut tout de même le premier à réagir, relevant la tête comme s’il n’avait jamais dormi et se mettant à aboyer. Talisa retint cependant un rire quand elle vit se lever, peu sur de ses mouvements à force d’avoir trop dormi. Il la devança jusqu’à la porte alors qu’elle essayait de le calmer, du mieux qu’elle le pouvait. Il ne manquait plus que les voisins ne viennent se plaindre. Elle lui bloqua l’accès à la porte avec ses jambes pour l’empêcher de se faire la malle, avant de l’ouvrir. Le chiot essayait pourtant de s’en sortir, ce qui la fit doucement sourire alors que la jeune femme relevait la tête, en direction de la personne qui avait frappé. Le sourire de Talisa s’estompa aussi rapidement qu’il était apparu et si elle avait eu l’intention de dire quelque chose, rien n’avait réussi à passer la barrière de ses lèvres. Son regard passait de haut en bas, comme si elle ne voulait pas y croire. Elle n’arrivait d’ailleurs pas à y croire. Pourtant tout concordait, sa voix, son apparence. Elle avait simplement quelques années de plus mais sinon tout était pareil. Talisa aurait pu la croiser n’importe où qu’elle l’aurait reconnu sans qu’elle n’ait besoin de prononcer le moindre mot. Pourtant aujourd’hui, la jeune femme avait l’impression d’être face à une étrangère. Une personne qu’elle avait connue, qu’elle avait croisée et qui l’avait oublié. Qui l’avait délaissé quand Tali avait eu besoin d’aide et de soutien. Celle en qui Talisa avait eu confiance. La dernière personne à qui elle l’avait accordé avant de se rendre compte que ce n’était qu’une erreur. Une de plus à rajouter à sa liste. « Parler de quoi, Shae ? » De leur vie. De ce qu’elles étaient devenues. Comme si rien ne s’était jamais passé. Comme si elles avaient gardé le contact malgré tout et qu’elles étaient toujours aussi proches qu’auparavant. Talisa n’y arriverait pas, elle le savait déjà. Mais elle avait beau agir comme si cela ne la touchait, revoir Shae était étrange. Comme si elle avait attendu ce moment pendant longtemps sans savoir comment réagir une fois qu’il se présente réellement. Son ancienne amie n’osait même pas relever les yeux et Tali était incapable de croiser son regard. Mais quelque chose lui disait qu’elle n’en avait pas besoin pour la comprendre. Il lui suffisait de l’observer. Son attitude, la façon dont elle se tenait. N’importe qui aurait pu voir que Shae était mal à l’aise mais il n’y avait pas que cela, Talisa savait : Shae voulait s’en aller, fuir et faire comme si elle n’était jamais venue. Agir de la même façon que quelques années plus tôt. Tali l’aurait bien laissé faire mais elle en était incapable. Elle lui en voulait, c’était certain mais une part d’elle voulait toujours son bien. « Qu’est-ce que tu fais là, Shae ? Dans cette ville ? Le Canada est plutôt loin ici alors c’est pas le genre d’endroit où je m’attendais à te croiser, encore moins devant ma porte… » Talisa essayait de se contenir, ne voulant pas lui faire de peine. Ne pas paraitre plus méchante que ce qu’elle pouvait ressentir. Son regard quitta la silhouette de Shae, scrutant les alentours comme si elle s’attendait à voir quelqu’un débarquer d’une seconde à l’autre. « Est-ce que tu es…seule ? » Si c’était le cas, cela allait être la deuxième chose la plus surprenante de la journée. Dans ses souvenirs, son copain désagréable ne la lâchait jamais, la traitant presque comme une fugitive qu’il fallait garder à l’œil toute la sainte journée. Talisa reporta son regard sur Shae, se demandant si quelque part il restait encore une partie de la fille avec laquelle elle s’était si bien entendue. Celle qu’elle regrettait encore maintenant.

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MessageSujet: Re: Talisa (+) Le temps efface nos erreurs, peut être nos blessures Lun 20 Juil - 11:58



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Qu'est ce que la liberté, si ce n'était que le sentiment pour le moins doux et délicat pour lequel chaque être tendait à vouloir vivre ? Cette envie qui ne cessait de cogner un peu plus dans le cœur de chaque personne, leur donnant ainsi le courage pour se battre. Qu'en était-il de cette manière d'agir, dès lors qu'elle nous guidait, pour nous laisser entrevoir l'espace de quelques instants, les prémices d'un monde dans lequel tout était beau. Ce droit, pourtant commun à tous, était quelque peu divergent en fonction du ressentis de chacun. Et ne permettait pas à une totalité de l'appréhender de la même manière. Non, la liberté n'était pas ce qu'il y avait de plus facile à découvrir, ni même à vivre, tant elle paraissait idyllique dans le cœur de beaucoup de personnes. La jeune fille ne savait même plus ce qu'elle représentait. Victime de ses démons, prisonnière de cette ombre qui n’arrêtait pas de grandir encore et encore et qui lui dictait de se méfier de tout et de n'importe qui. Il ne résidait plus aucune envie, plus aucune force de manière à s'en sortir, tant les dégats en étaient des plus douloureux et difficiles. Elle était tout simplement brisée, son monde entier l'était, comme si rien ni personne ne viendrait à recoller les innombrables morceaux qu s'étaient effritaient. Peut être même qu'ils n'existaient plus, qu'ils étaient devenus de simples poussières qui s'était envolées dans l'espace et que plus jamais elle ne parviendrait à retrouver. Il n'y avait plus rien, si ce n'était ce sentiment constant d'être inexistante, de vouloir le rester pour ainsi ne plus jamais avoir à vivre ce qu'elle avait enduré. Il n'y avait plus aucune source de bonheur, après tout, elle avait tout perdu et par sa faute. Comment en vouloir à sa famille ? Comment en vouloir à ses amis ? Tout était entièrement de sa faute, et à part essayer d'affronter la réalité à sa manière pour ainsi pouvoir peut être laisser le choix à ses personnes là de l'abandonner, il n'y avait rien d'autre qu'elle ne puisse réaliser. Shae l'avait déjà fait, en se rendant chez ses parents cette première nuit. En osant frapper sur le bois si dur et si rêche de cette porte qu'elle avait franchi un nombre incalculable de fois auparavant. L'espoir avait même réussi à percer un peu quelques failles de son cœur, alors qu'elle cherchait du réconfort. Mais dès lors que cette dernière s'était refermée tout s'était arrêté. Son temps, son espoir, sa vie. Elle n'aurait pu trouver pire réponse que celle-ci et pourtant elle ne parvenait pas à le reprocher. Elle avait appris à endosser ce rôle, à accepter ce choix, sans rien dire, sans même oser penser le contraire, elle était devenue une simple page blanche, dont les seules encres capables de rester inscrites à l'intérieur, étaient d'un noir corbeau. Cette même noirceur qui l'envahissait encore et encore et qui l'accablait de coups les uns plus durs que les autres, alors même qu'elle songeait aux maux que son corps avait pu endurer. La nuit ne lui portait plus conseil. Ne lui donnait plus lieu à des songes qui auraient pu l'apaiser ne serait-ce que quelques instants. Non, la nuit était devenue son pire ennemi. Celui là même qui répétait encore et encore les mots, les coups, les douleurs qu'elle avait pu connaître. Si bien que même la fatigue n'arrivait plus à mettre un terme à tout cela. A quoi bon se retenir de dormir ? A quoi bon éviter encore un peu plus cet instant ? Cela n'aurait servi à rien, si ce n'était permettre aux démons de prendre beaucoup plus d'ampleur et de lui faire du mal. Abandonner, fuir, être lâche étaient devenus sans qu'elle ne le désire les meilleurs moyens pour elle d'avancer et peut être même de se guérir. Si elle avait pu effacer d'un simple revers de mains son passé, comme elle parvenait encore à effacer ses larmes, alors elle l'aurait fait. Jamais, elle n'aurait voulu le connaître, jamais elle n'aurait du faire sa connaissance, mais surtout jamais elle ne lui aurait permis de rentrer dans sa vie. Jamais. La rancune n'effacerait jamais tout cela et Shae n'en ressortirait pas pour autant indemne. Il lui était impossible de revenir en arrière, tout comme il était impossible de tout effacer. Aussi, les mois lui avaient permis d'apprendre à appréhender les choses différemment. Alors même que tout espoir lui était complètement désuet, elle était parvenue à croire en quelque chose. Comment ? Pourquoi ? Elle n'en savait rien, et à vrai dire, elle ne cherchait pas à en obtenir la réponse. Car il n'y avait que cela qui l'incitait à vive : le fuir. Son monde s'arrêterait à nouveau, à moins qu'il ne redémarre et qu'il prenne enfin le chemin pour lequel elle s'était battue pour. Elle n'en savait rien, mais tout valait mieux que rester là, dans cette situation. Et même si la difficulté était des plus grande, elle ne regretterait jamais sa décision. Elle revivrait ce départ encore et encore et se souviendrait à jamais cette impression de pouvoir respirer à nouveau lorsqu'elle avait franchis la barre des 100km qui la séparait de Toronto. Ainsi donc, même ces démons l'accablaient de toute part, même si le monde tournait trop vite autour d'elle et même si elle ne parvenait pas à en atténuer la cadence, il n'en restait pas moins qu'elle avait réussi. Et cela, personne ne pourrait jamais lui enlever cette victoire. Voilà comment, elle était parvenue à retrouver une once de courage en elle, voilà comment expliquer pourquoi cette jeune fille si frêle et dont les remords ne cessaient de grandir encore et encore se tenait à présent devant le domicile de celle qui lui avait été d'un secours inexplicable. Shae ne pouvait plus reculer, à vrai dire, elle ne le désirait pas. Même si elle savait qu'elle serait probablement rejetée, même si elle donnerait entièrement raison à Talisa d'agir de la sorte, il n'en restait pas moins qu'une part d'elle n'arrêtait pas de la pousser à taper légèrement contre le bois refroidi de sa porte. Rien n'aurait pu expliquer la manière dont elle se sentait à cet instant. Le bonheur parvenait à l'envahir, alors que les remords la tiraient un peu plus en arrière et lui donnaient l'impression de s'enfoncer dans le sol. Elle ne voulait pas infliger la moindre peine à son amie, elle ne voulait pas non plus faire remonter des démons, elle désirait juste... Elle ne le savait pas elle même, alors que Talisa lui demandait de quoi est ce qu'elle désirait discuter. Peut être était-ce top tôt, peut être n'aurait-elle jamais du revenir ? Peut être même qu'elle aurait du sombrer dans cette ombre qui recommençait à lui tenir les jambes et qui lui guidait de faire demi tour. Elle ne parvenait même pas à la regarder, la peut la saisissait d'une manière si forte, qu'elle était certaine ne pas pouvoir supporter la lueur de reproche dans les yeux de son amie. Ses lèvres commencèrent déjà à trembler, alors même que ses mains cherchaient juste à se joindre pour ainsi essayer de calmer son inquiétude. Aussi ne dit-elle mot, songeant simplement à fuir à nouveau, à s'excuser de sa venue et au mal qu'elle lui avait infligé. Rien ne parvenait à franchir la barrière de ses lèvres, rien si ce n'était ces excuses qui se confondaient encore et encore et qui prouvaient sa sincérité. Talisa avait raison d'agir comme elle le faisait, de lui reprocher, non pas par ses mots, mais par le ton qu'elle employait sa venue. Shae aurait du rester inexistante, il n'y avait que cela dont elle était capable. Elle s’apprêtait à repartir, gardant toujours son regard sur les pieds de son amie, incapable d'affronter la réalité, trop fragile pour y parvenir. Mais pourtant, la remarque qui suivit cette question, parvint à arrêter cette intention, pour ainsi la ramener sur un chemin d'hésitation. « Je... je... » les mots se confondaient dans son esprit, si bien qu'elle ne savait même pas par ou commencer, ni même si ce qu'elle devait dire était adéquat ou non. La jeune fille sentit déjà les prémices de quelques soubresauts s'installer dans le fond de sa gorge. Ce qui l'incita à fermer les yeux aussi fort qu'elle ne le pouvait et à se pincer ses lèvres. Elle n'était pas certaine d'y arriver, elle ne savait pas comment faire. Et pourtant ses yeux se ré ouvrirent en dévoilant le même regard que celui d'un animal effrayé lorsque Talisa lui demanda si elle était seule. La jeune fille ne put s'empêcher de lancer un regard de part et d'autre de ses épaules, comme pour se rassurer à son tour de sa solitude. « Oui, je suis seule maintenant. » parvint-elle à bredouiller, alors qu'elle cherchait à effacer le regard de son ex petit ami qui aurait pu l'épier dans le coin de ce couloir. « Il n'est plus là. » rajouta t-elle alors qu'elle parvenait enfin à regarder son amie dans les yeux. Son regard se confondit en excuse encore une fois, alors qu'elle inspirait une grande bouffée d'oxygène pour se redonner du courage mais surtout pour arrêter cette boule de jouer au yoyo dans sa gorge. « Je suis partie, je l'ai laissé. J'ai cherché à être le plus loin possible. Je voudrai tellement effacer le Canada de ma vie. » Les mots s'enchaînaient difficilement, alors qu'elle ne parvenait plus à retenir ce pourquoi elle était là. Elle n'avait plus aucun contrôle de rien, et même si ses dires en étaient complètement décousus, elle ne savait pas pourquoi elle les laissait filer de cette manière. « Je suis vraiment désolée Tali... Désolée de ce qui s'est passé, de tout ce que j'ai pu te faire... J'ai été une idiote, une pauvre idiote qui n'a rien vu et qui a tout perdu à cause de ... » à cause de quoi ? À cause de qui ? Il n'y avait qu'à elle qu'elle pouvait s'en prendre à présent. « … de ma bêtise. » Elle aurait tant voulu lui dire qu'elle espérait au fond d'elle que tout aille pour le mieux pour son amie, elle aurait tant espéré avoir ce droit. Mais elle savait qu'elle l'avait perdu depuis longtemps... Et pourtant, cela ne lui empêchait pas de s'en faire pour elle, c'était même pour cela qu'elle était venue aujourd'hui, juste pour la voir. Talisa était une très grande amie pour elle, sa meilleure, celle pour qui elle aurait été prête à se battre même aujourd'hui et si elle l'avait perdu, ce n'était qu'à cause d'elle. Elle chassa d'un geste qui lui était devenu bien connu les larmes qui perlaient légèrement dans sur ses joues, alors même que son regard retrouvait le sol. Cet équilibre qui lui permettait à présent de trouver un calme. Lui qui était fixe, et figé dans le temps. « Pardonne moi, je n'ai jamais voulu te faire de la peine, jamais. » Elle ne savait pas si elle croirait en ses dires mais quelque part elle l'espérait un peu. Bien entendu, elle ne s'attendait pas non plus à ce qu'elle lui ouvre la porte en grand et qu'elle lui propose d'entrer chez elle. A vrai dire, la jeune fille ne savait plus à quoi s'attendre, si ce n'était que vivre le mal qu'elle côtoyait. Elle ne méritait plus rien de bon depuis des années maintenant et se doutait que la vie ne lui offrirait plus aucune occasion d'y croire. Pourtant, elle ne voulait pas partir. Elle ne le pouvait pas. Pas tant que cette porte resterait à moitié ouverte et que Talisa serait devant elle. Shae attendrait simplement d'entendre le claquement de cette dernière pour  croire en ce qu'il se passerait. Peut être un début ou tout simplement une fin ? Mais elle savait très bien que ce n'était pas à elle d'en choisir la direction. La sienne était toute tracée et lui incitait à croire que cette porte se fermerait derrière elle pour déboucher vers autre chose, mais elle ne savait pas ce qu'il en était de son amie, qu aurait très bien pu lui clore au visage et ainsi mettre un terme à tout. Le cœur de la jeune fille reprenait ces quelques soubresauts contre sa poitrine, alors même que l'espoir titillait son espoir afin de lui faire croire que toutes les deux pourraient parvenir à s'apporter mutuellement un certain bonheur. Mais il n'y avait que Talisa qui était maître de ce dessein.

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MessageSujet: Re: Talisa (+) Le temps efface nos erreurs, peut être nos blessures Sam 25 Juil - 22:27



Friends will be friends, holding hands will someday surely form a band.
Talisa avait tendance à croire que le passé, les évènements, les joies, les peines, que tout cela servait à forger les personnes. Pas totalement mais elle était persuadée qu’une partie d’eux même existait parce qu’elle avait été nécessaire plusieurs années auparavant. Elle ne croyait pas toutes ces personnes qui clamaient haut et fort qu’il était possible de tout laisser derrière soi. De reprendre une vie à zéro et de tout oublier. De faire comme si rien n’avait jamais existé. Bien sur, il était possible de changer de vie. De la recommencer en espérant qu’elle prenne une voie différente. Une voie plus agréable. La jeune femme ne le reniait pas, elle avait lu assez de récit concernant les changements de vie et que cela pouvait apporter ou non. Mais ce en quoi elle ne croyait nullement c’était le fait de tout oublier. De tirer un trait sur tout ce qu’on n’aimait pas concernant notre passé. Pour Talisa c’était quelque chose qui figurait dans le domaine de l’impossible. On pouvait oublier, apprendre à vivre avec et faire en sorte de ne plus y penser mais on ne pouvait pas le faire disparaitre. Il était simplement impossible de rayer certains évènements du cours de votre vie uniquement parce qu’ils ne vous plaisent pas. D’une manière ou d’une autre, ils laissent une empreinte bien distincte en vous. Sur votre caractère. Sur votre comportement. Ou encore sur votre façon de percevoir les autres. Peu importe ce qu’il s’était passé il en reste toujours une trace quelque part. Et Talisa était plutôt bien placée pour le savoir. Elle le vivait au quotidien et avait du apprendre à faire avec, à ne pas se laisser accaparer par de vieux souvenirs afin de ne pas tomber dans un cercle vicieux. Afin de ne pas se laisser entrainer vers le fond et de ne pas oublier que malgré l’existence des moments durs et peu agréables, il en arrivait toujours des biens et c’était de ceux là dont il fallait se souvenir. Il fallait simplement savoir être patient et la jeune femme essayait de s’y tenir. Elle savait mieux que quiconque à quel point les évènements passés peuvent être ancrés dans votre vie et dans votre mémoire. Elle n’avait pas eu le choix. Elle avait parfaitement conscience que si aujourd’hui elle était ainsi, c’était en partie à cause de tout ce qu’elle avait vécu. Peut-être qu’elle n’avait pas eu de chance ou alors qu’elle l’avait mérité mais là n’était finalement pas la question. Talisa avait vu toutes les personnes qu’elle aimait, qu’elle appréciait aller et venir dans sa vie. La rendant heureuse. Lui faisant croire que le bonheur n’était pas juste une théorie utopiste mais quelque chose de bien réel. Et elle y avait cru à chaque fois. Elle leur avait fait confiance, elle avait mis sa vie entre leurs mains parce qu’elle pensait qu’ils seraient toujours là pour elle. Pour l’aider et pour la soutenir. Elle pensait que quoi qu’il puisse arriver, elle ne serait  pas seule mais il lui avait fallu plusieurs années avant de se rendre compte que c’était faux. Qu’elle s’était trompée depuis le début. Elle avait d’abord du dire au revoir à ses parents. Ils n’étaient sans doute pas parfaits : son père travaillait trop et sa mère voulait tout diriger. Parfois cela pouvait même avoir un côté assez étouffant mais ils restaient ses parents. Ils étaient là pour elle, ils l’aimaient et dans le fond c’était tout ce qu’une petite fille de six ans pouvait demander. Mais ils étaient partis, ils l’avaient laissé là, toute seule et perdue dans ce monde trop vaste pour elle. Talisa avait pensé qu’elle n’allait jamais s’en remettre, que la douleur allait finir par l’emporter à son tour. Mais ça n’avait jamais été le cas, elle avait continué à pleurer, à souffrir en silence jusqu’à l’épuisement. Il avait fallu attendre que toute la peine s’échappe de son corps pour qu’elle puisse se souvenir des bons moments qu’elle avait passés en compagnie de ses parents. Ceux dont il fallait réellement se rappeler. Avec l’innocence des enfants de son âge, la jeune fille avait cru que tout cela était derrière elle. Elle avait une nouvelle famille et même une sœur. Ce ne serait jamais pareil mais ses parents adoptifs avaient toujours tout fait pour qu’elle se sente bien et qu’elle se sente chez elle avec eux. Ils ne l’avaient jamais mise à l’écart et les deux petites filles avaient toujours été mises sur un pied d’égalité. Qui aurait refusé d’y croire ? Qui aurait imaginé que la vie ou le destin allait encore passer par là et semer la pagaille ? Talisa ne l’avait jamais imaginé. A vrai dire, elle ne pensait même pas que c’était possible et sur le coup elle n’avait surement même pas compris. Comment il était possible de perdre deux fois ses parents ? Est-ce qu’elle était vraiment si méchante que ça pour en subir autant ? Peut-être qu’elle avait mal agit à un moment donné et que c’était ce qui lui était réservé, à présent. L’imagination débordante d’une petite fille pouvait bien vite déborder. Les adultes pouvaient bien dire ce qu’ils voulaient : que rien n’était de sa faute et qu’elle était surement adorable, eux n’avaient rien vécu de tout cela. Ils ne savaient pas ce que c’était que de perdre des êtres chers en aussi peu de temps. Ainsi la jeune femme avait bien vite renoncé à la notion du bonheur. Elle avait simplement misé sur le fait que ce n’était pas fait pour elle et qu’elle n’avait plus qu’à s’y habituer. Le bonheur, l’attachement. Elle avait renoncé à tout cela dans le simple but de ne plus souffrir. De ne plus accorder sa confiance trop rapidement afin de ne plus mettre son cœur dans le creux des mains d’une autre personne. Elle savait combien ce pouvait être dangereux et elle ne voulait plus avoir à l’expérimenter. Adolescente elle s’était rapidement dit qu’un jour, peut-être, elle arriverait à relativiser. Elle pourrait faire le point sur sa vie et recommencer  à agir comme tout être humain normalement constitué. Elle méritait d’être heureuse comme n’importe qui d’autres après tout, n’est-ce pas ? Mais la croyance de l’adolescence qu’un monde meilleur peut exister c’était aussi estomper. Presque aussi brutalement que son innocence passé. Talisa ne s’en rendait compte qu’aujourd’hui, en réalité, alors qu’elle observait Shae. Ses yeux bruns ne pouvaient s’empêcher de scruter son visage comme si elle cherchait la moindre trace de changement mais elle n’y trouvait rien. Elle aurait pu la reconnaitre n’importe où sans qu’elle n’ait besoin de prononcer un seul mot. Elles s’étaient perdues de vue du jour au lendemain et sans la moindre explication pourtant Tali semblait se rappeler de chaque détail. Même du plus insignifiant. La façon dont elles s’étaient rencontrées totalement banales. Les jours qu’elles avaient passé à se parler, partageant quelques cours en commun et la même table le midi pour y manger. Talisa se souvenait avoir imaginé que Shae serait comme les autres : une fille qu’elle aimait plutôt bien et avec laquelle elle s’entendait. Elles pourraient même se considérer comme amie sans que la plus âgée des deux ne prenne le temps de s’y attacher. Mais c’est à partir de ce moment-là que Talisa s’était perdue. Elle y avait cru. Elle avait tenté de baisser sa garde parce que Shae lui inspirait la confiance. Elle était présente et voulait toujours l’aider. Elle ne pouvait pas savoir ce que cachait la vie de Talisa mais elle n’avait jamais vraiment posé de questions, attendant simplement que les réponses arrivent quand la concernée aurait été prête à en parler. Elles avaient été là l’une pour l’autre. Elles s’étaient soutenues mutuellement des mois durant et s’étaient surement promis de ne jamais se lâcher quoi qu’il puisse arriver. Talisa avait voulu y croire. Elle avait espéré que leur amitié  ne marque le but d’une nouvelle vie pour elle alors qu’en réalité cela n’avait fait que préparer sa chute. Elle pensait d’ailleurs s’en être remise. L’avoir rayé de sa vie comme elle l’aurait fait avec n’importe quoi et n’importe qui d’autre. Mais à présent qu’elles étaient l’une en face de l’autre elle n’en était plus aussi certaine. Shae l’avait marqué, elle avait compté pour elle et si Tali avait voulu que sa détresse ne la touche pas elle se trompait une nouvelle fois. Le regard de la jeune femme balayait le visage de Shae alors qu’elle lui annonçait qu’elle était seule. Talisa aurait pu s’en réjouir si son ancienne amie ne semblait pas aussi perturber. Ses lèvres s’entrouvrirent dans le but de dire quelque chose mais aucun mot ou aucun son ne parvint à franchir la barrière de ses lèvres. Elle ne savait simplement pas quoi lui dire. Elle avait vu ce garçon s’accaparer son amie et prendre le contrôle dans sa vie alors Talisa avait presque du mal à croire que ce soit fini. Elle baissa finalement les yeux devant les excuses de Shae. Elle aurait voulu que ça ne lui fasse rien. Qu’elle ait la force  de fermer la porte et de retourner à sa vie comme si rien ne s’était passé mais Talisa ne bougeait pas. « Il aurait fallu y penser avant… C’est trop tard Shae. Ça fait quoi deux ans ? Peut-être un peu plus ou un peu moins et tu reviens maintenant. Pourquoi ? » Talisa n’arrivait même pas à élever la voix. Elle aurait voulu être en colère mais au final tout ce qu’elle ressentait c’était de la peine. De la tristesse des années passées qui remontaient à la surface. « Je pensais qu’on étaient amies et que je pouvais compter sur toi. Mais tu m’as laissé tomber, juste comme ça. Juste parce qu’il était là à te sourire et à te flatter. Il t’a éloigné de tout le monde et toi tu l’as laissé faire. Tu n’as même pas essayé d’aller contre lui. » Talisa releva finalement les yeux constatant que Shae continuait de fixer le sol. Elles s’étaient éloignées il n’y avait aucun doute là-dessus. Et pourtant la jeune femme avait encore l’impression de la connaitre. De pouvoir deviner ses pensées et la signification de son attitude. Elle n’avait même pas pu louper son revers de main et Talisa se doutait bien que c’était pour effacer ses larmes. Elle resta silencieuse une seconde ne sachant pas vraiment comment elle devait agir. A vrai dire, elle n’avait jamais imaginé se retrouver dans cette situation un jour. Elle ne s’y était jamais préparée. « Est-ce que… Enfin. Qu’est-ce qu’il s’est passé avec l’autre ? » Tali ne l’avait jamais aimé ce n’était un secret pour personne. Mais elle se souvenait encore parfaitement du comportement de Shae lorsqu’elle était avec lui et elle se demandait quand tout cela avait pu changer à ce point. Mais elle n’avait jamais imaginé que sa question puisse être une source d’angoisse ou de malaise. Elle observa Shae du coin de l’œil devant bien admettre que dévoiler sa vie au bout milieu d’un couloir n’était pas ce qu’il y avait de mieux. « Est-ce que tu veux entrer un peu ? Enfin… J’ai un chiot mais il est plutôt du genre inoffensif… » Talisa se décala légèrement ne sachant pas quoi faire d’autre. Elle ne savait même pas si c’était une bonne idée. Ni même si Shae allait accepter. Peut-être qu’elle allait simplement faire demi-tour et essayer d’oublier tout ce qui venait de se passer. Peut-être que cela aurait été le plus simple pour toutes les deux mais peut-être que dans le fond ce n’était pas ce qu’elles voulaient vraiment.

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MessageSujet: Re: Talisa (+) Le temps efface nos erreurs, peut être nos blessures Mar 28 Juil - 11:29



But I'm holding on for dear life, won't look down, won't open my eyes.
Le malheur allait de paire avec la tristesse et l’angoisse. Certaines personnes n’y goutaient jamais alors que d’autres semblaient être prédestinées à devoir survivre avec ce dessein. La vie n’était pas bonne, du moins pas dans l’esprit de la jeune fille. Elle s’était toujours révélée comme étant source de douleur et de mal être. Les sourires, les joies, les sensations d’exister dans le bonheur n’étaient possibles que pour les autres mais jamais pour elle. Seule depuis sa plus tendre enfance, Shae n’avait été que le témoin du bonheur des autres, sans jamais pouvoir connaître le sien. Pourtant, on avait cessé de la prédestiner à une meilleure vie. Les étrangers qui passaient devant elles, les personnes qui ne faisaient qu’emprunter un chemin éloigné pour juger les autres avaient toujours vu dans son regard quelque chose de bon et de méritant. Pourtant, il n’y avait eu que son pauvre chien pour la soutenir dans sa plus tendre enfance. Cette boule de poil qui avait su lui monter que le caractère humain ne vaudrait jamais la gentillesse et la fidélité d’un animal. Elle s’y était attachée comme une petite fille, comme s’il avait été son seul repère. D’ailleurs, il l’avait été durant de très longues années. Ce repère qu’elle adorait retrouver après l’école et avec qui elle passait tant de temps pour s’amuser ou même pour se confier. Petite, Shae avait espérer qu’un jour il ne soit doté de la faculté de parler, juste pour lui répondre. Même, si il n’en n’avait pas besoin. Car il suffisait qu’il la regarde avec ses grands yeux et qu’il vienne se cajoler dans ses bras pour qu’elle comprenne qu’il était là et qu’il veillait sur elle. Les années étaient passées mais cette vision n’avait jamais changé, tant elle était forte de sens. La jeune fille avait mûrie certes, avait pu côtoyer de nouvelles personnes, mais aucune d’entre elles ne parvenaient à lui apporter cette même quiétude mais surtout cette même confiance qu’elle pouvait avoir avec son chien. Malheureusement, le monde n’est pas éternel et dès lors qu’il l’avait abandonné, Shae avait eu l’impression de perdre la totalité de ses repères. S’enfermant encore un peu plus sur elle, devenant si discrète que plus d’une fois elle surprenait les autres par sa présence. Il n’y avait plus rien et elle n’était pas assez intéressante pour attiser la curiosité des autres. Il fallait juste vivre, continuer à suivre cette route qui se profiler devant ses yeux pour ainsi appréhender la vie, sans rien attendre d’elle. Les belles fins, les jolies histoires Shae avait compris qu’elle n’y aurait jamais droit et qu’elle devrait simplement être la spectatrice de tout cela pour les autres. Selon elle, ce bonheur n’était pas fait pour sa vie, pour la simple est bonne raison qu’elle ne devait pas le mériter. Les questions ne se bousculaient même plus dans son esprit, tant la fatalité était assez forte et bien claire. D’autant plus que ce genre de questionnements avait bien plus tendance à lui faire du mal qu’à lui apporter des réponses. Ces réponses ne viendraient jamais et il fallait avancer, simplement trouver la force de mettre un pas devant l’autre et de continuer. Le monde était empli d’un brouillard épais. D’une épaisse fumée qu’elle ne pouvait pas chasser à ‘laide d’une forte tempête. Jusqu’au jour où, elle se dissipa légèrement. Ce jour où sans qu’elle ne s’y prépare, la jeune fille avait pu faire la connaissance de la personne qui était la plus à même de la comprendre et de l’aider. Le temps avait permis à leur amitié de grandir encore et encore. Si bien que les brumes devenaient de plus en plus fines et que cet estompement lui permettait d’entrevoir un monde meilleur. Ce monde qu’elle avait pu partager pendant quelque temps avec Talisa. Le bonheur avait su s’installer timidement dans le creux de son cœur. Cette sensation qui lui donnait l’impression que pour une fois dans sa vie elle pouvait sourire. Sourire était une des plus belles choses de la vie selon elle, tant il permettait de percevoir à la fois le bonheur que l’on pouvait partager par le biais de ce geste mais également dans le fond de son regard. Les mois et les années lui avaient permis de gagner de la force. Non pas celle qui lui aurait appris à se démarquer des autres, car elle n’en désirait pas, mais celle de pouvoir faire confiance et d’avoir la chance de se sentir vivre autrement que par la douleur. Son cœur arrivait à lui faire de moins en moins mal, et ses pleures disparaissaient pour ne devenir qu’un lointain fantôme. Si seulement, elle n’avait pas été faible… Si seulement Shae n’avait pas connu cet individu… A cause de lui, ou plutôt à cause d’elle, le brouillard était revenu pour n’en devenir que plus épais. La brume cachait à nouveau les petits détails du monde, si bien qu’elle n’avait plus eu aucun contrôle de sa vie. La culpabilité savait la prendre en victime dès la moindre occasion. La peur, la douleur, la honte avaient eu raison de son âme, alors qu’elle savait que sa perte n’était uniquement que de son ressort. Si seulement, elle pouvait revenir en arrière, la jeune fille aurait chassé tout ça, aurait fait d’autres choix. Car même si on ne cesse de nous répéter que nous sommes les maîtres de nos choix, il en vient parfois que ce sont les choix qui s’imposent à nous, sans que nous ne puissions rien faire. Aussi s’était t-elle sacrifiée dans un premier temps. Espérant seulement, que son acte serait récompensé d’une manière ou d’une autre. Mais au lieu de cela, tout avait empiré. Tout… La seule fierté dont elle peut retirer de ce passage de sa vie reste le fait que son sacrifice a pu protéger les gens auxquels elle tenait. Ses parents l’avaient abandonné, certes, mais au moins il n’avait rien pu leur faire. Talisa lui en voulait, avait raison de son comportement, mais Shae préférait de loin qu’il en soit ainsi plutôt qu’elle n’ait eu à souffrir d’une manière ou d’une autre de ce monstre qui l’avait meurtri. Prise de remords, les uns plus douloureux que les autres, la jeune fille aspirait à une nouvelle vie. En un nouveau départ qui lui permette de pouvoir reprendre un court de vie normal. Le pourrait t-elle un jour ? Elle n’était pas certaine de pouvoir répondre favorablement à cette question, mais au moins elle essaierait. Les pleurs ne quittaient jamais plus ses yeux, incrustant ces cernes sur son visage et lui donnant un côté blême et maladif. Au moins cela lui permettait de comprendre à quel point elle avait pu être idiote, et acceptait ce prix à payer tant que les autres s’en portaient bien et pouvaient être heureux. Après tout, elle n’était plus rien, ni humaine, ni femme, elle n’était plus qu’une chose qui devaient faire partie d’un système. Comment pouvait t-elle se sentir autrement ? La honte la gagnait dès qu’une personne la regardait avec insistance, la peur était constante en elle, lui donnant l’impression que la boule dans son ventre ne s’estomperait jamais. Si elle avait existé un jour, peut être en était elle son reflet. Néanmoins, elle ne voulait plus effectuer les mêmes erreurs du passé. Plus jamais, elle ne laisserait quelqu’un entrer dans sa vie de cette manière, plus jamais elle ne pourrait accorder sa confiance en un homme, plus jamais elle n’arriverait à vivre de manière banale. Et pourtant, il lui avait suffit de voir cette annonce pour que le passé ne vienne la frapper en plein visage. Lui donnant un goût salé et amer dans la bouche. Ce passé elle n’en voulait plus, mais elle aurait tant aimé récupérer celui d’encore avant. Voilà ce qui l’incita à prendre le chemin de ces habitations, voilà qui la guida vers son ancienne meilleure amie, dans l’espoir peut être qu’un jour cette fin ne redevienne un début pour elles. La peur guidait ses pas, et pourtant elle avait réussi à la combattre pour que ses pas ne parviennent à franchir le seuil du bâtiment. Son cœur battait à tout rompre contre sa poitrine, lui donnant l’impression de vaciller aux moindres marches qu’elle escaladait. Et puis tout cela s’arrêta lorsqu’elle aperçut le visage de Talisa. L’impression de mourir une nouvelle fois, de plus savoir respirer pour que ses poumons puissent reprendre un semblant d’oxygène, la boule lui faisait énormément de mal, et ses yeux n’arrêtaient pas de la picoter encore et encore, alors qu’elle avait l’impression de recevoir une première gifle dans la figure. Jamais elle ne lui en aurait voulu, tant Shae savait que Talisa avait raison. Elle n’avait rien à faire là, et son espoir de pouvoir peut être lui apporter une once de bonheur s’envolait. Les brumes s’épaississaient encore, les soubresauts et l’oxygène qui lui manquait de plus belle augmentait au fur et à mesure que la tristesse s’éprenait d’elle. Elle n’aurait jamais du venir la voir. Shae en avait conscience, alors qu’elle ne voyait pas le regard de sa meilleure amie sur elle. Elle le ressentait et n’osait l’affronter de peur de perdre complètement pied. Elle avait honte de sa propre personne, de sa vie et de tout ce qu’elle avait pu perdre à cause de sa bêtise. Voilà la raison pour laquelle, elle laissa les mots franchir la barrière de ses lèvres. D’abord hésitant, Shae voulait néanmoins se reprendre pour prouver à Talisa qu’elle était sincère. Tout était de sa faute, sa propre faute et elle veillerait à sortir de sa vie si tel était son désir. Qu’elle avait pu être idiote de croire en une once d’espoir… La culpabilité la reprenait de manière si forte, qu’elle avait envie de rebrousser chemin, de repartir là où elle était et de s’enfermer dans sa chambre d’hôtel pour pleurer encore et encore. Ce n’était que ce qu’elle méritait. Mais pourtant, elle parvint à finir son monologue, aussi décousu soit-il. Elle était arrivée à laisser ses pensées s’évacuer doucement de son esprit, chose qui n’était pas arrivé depuis plusieurs années à présent. Peut être aurait-elle dû en être soulagée ? La jeune fille n’était pas du tout alerte de ce sentiment, tant la douleur était omniprésente partout dans son être et dans son âme. Elle s’attendait même à ce que Talisa ne ferme la porte devant elle. Qu’elle fasse comme si elle n’existait plus, ce que Shae lui aurait pardonné sans la moindre hésitation tant elle était consciente que tout était de sa faute. Ses lèvres tremblèrent un peu alors que Talisa commençait à lui répondre en lui affirmant qu’il était trop tard maintenant. Shae en avait conscience, le temps n’effacerait jamais ce qu’elles avaient pu vivre, et surtout la douleur qu’elle lui avait infligé. Le reconnaître était une chose, mais l’entendre en était une autre. Shae avait l’impression d’étouffer, prise dans cette brume qui commençait à s’engouffrer dans ses poumons. « Je… » Ses yeux se fermèrent un instant, laissant échapper ainsi des larmes qui vinrent s’écraser brutalement contre le sol. « …je sais pas. C’est juste que je voulais que tu saches pourquoi j’ai fais ça. » Elle ne lui demandait pas de la pardonner, elle ne lui demandait pas non plus de l’écouter si elle ne le désirait pas. A vrai dire, elle ne lui demandait rien du tout à ce moment. Sa main vint chasser les autres larmes qui succédèrent celles du passé, alors que son regard s’ouvrait à nouveau pour admirer le sol. Elle n’était plus rien, au point qu’elle n’arrivait même pas à affronter les regards. Elle se sentait à nouveau comme cette chose qu’on manipulait à sa guise et à qui on infliger du mal. Si bien qu’elle avait l’impression de sentir les coups qu’elle avait déjà reçu dans le passé, ce qui l’amena à décaler ses mains doucement vers ses bras, comme si ce simple geste était à même de la rassurer. Shae préféra ne rien dire, acceptant les coups en silence alors que Talisa lui abattaient tous les reproches qu’elle avait à lui faire au sujet de son abandon. Si seulement elle savait… Mais Shae préférait de loin qu’elle croit en cette histoire plutôt qu’elle ne soit consciente de la réalité. Shae ne se défendait pas, se pinçant simplement les lèvres pour se retenir de pleurer davantage alors que Talisa lui donnait son dernier coup de poing en plein visage, en retenant l’idée qu’elle n’avait rien fait face à lui. Non elle n’avait rien fait, la peur était si grande qu’elle n’avait jamais rien osé faire tant elle craignait pour les autres. Qui savait ce qu’il aurait pu faire à sa meilleure amie, si jamais elle avait osé dire ou faire quelque chose ? Le silence gagnait ce couloir, comme s’il avait été un silence de mort. Et même si elle ne le voyait pas, le regard de Talisa était tel que Shae avait l’impression de mourir sur place. Mais elle préférait une telle mort, une mort venant de sa meilleure amie plutôt que la torture que cela aurait pu engendrer si elle avait osé parler. « Je suis partie. Je l’ai fui… » Sa voix se perdait un peu dans le silence, comme si ces simples mots venaient d’un autre monde où la douleur et le malheur prenait le dessus. Si bien, que la jeune fille ne put retenir plus longtemps ses tremblements à ce sujet. Même aujourd’hui, elle craignait de le voir, de l’entendre, elle craignait de sentir une nouvelle fois ces coups sur l’ensemble de son corps et pire encore elle craignait de ressentir ce qu’il lui avait fait et lui donnait envie de vomir. Haletante, la jeune fille acquiesça simplement d’un signe de tête alors que Talisa lui demandait si elle voulait entrer quelques instants. Elle avait l’impression que les mots n’arrivaient plus à franchir ses lèvres, comme si ils étaient coincés dans sa gorge. Elle pénétra doucement l’entrée de l’appartement de sa meilleure amie, et remarqua le petit chiot qu’elle lui avait annoncé. « Je suis vétérinaire maintenant. » Pour la première fois, Shae avait osé relever son regard pour venir le poser dans celui de Talisa. Elle ne savait pas pourquoi, elle lui avait avoué cette chose complètement insignifiante et dénuée de sens en comparaison de la conversation qu’elles entretenaient, mais il n’en restait pas moins qu’elle en avait ressenti le besoin. Et tout naturellement, elle s’accroupit un peu pour venir caresser franchement la petite boule de poil qui arrivait déjà à ses pieds et qui reniflait ses mains pour prendre connaissance de son odeur. « Il s’appelle comment ? » Elle ne déviait pas la conversation, mais Shae avait juste besoin de reprendre contenance à sa manière de façon à pouvoir ainsi expliquer au mieux toute l’histoire que Talisa méritait de savoir.

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MessageSujet: Re: Talisa (+) Le temps efface nos erreurs, peut être nos blessures Mer 19 Aoû - 22:13



Friends will be friends, holding hands will someday surely form a band.
Talisa n’arrivait plus à réfléchir. Qu’est-ce qu’elle était censé faire à présent ? Comment elle était censée réagir ? Elle avait l’impression que des milliers de questions se bousculaient dans sa tête encore et encore. Mais elle n’arrivait pas à se concentrer et aucune de ces questions ne trouvaient de réponse. Incapable de se décider tout cela tournait en boucle dans son esprit et la jeune femme sentait déjà venir le mal de tête. Pourquoi est-ce qu’elle n’arrivait pas à se décider ? Pourquoi elle n’arrivait pas à agir ? Peu importe ce qu’elle pourrait faire mais n’importe quoi serait toujours mieux que de braquer ses yeux sur Shae, silencieuse et surprise. Peut-être que si elle avait laissé Spooki se balader et partir à la découverte du parc elle n’en serait pas là. Elle serait encore dans le parc suivant sa petite boule de poil des yeux pour s’assurer qu’il ne vagabondait pas trop loin. A l’heure qu’il est, Shae aurait pu frapper à sa porte plusieurs fois mais Talisa ne serait jamais venue ouvrir. Elle ne se serait pas retrouvée en face d’elle. De son ancienne amie. Elle aurait pu éviter cette situation gênante et inédite mais ce n’était apparemment pas ainsi que cela devait se passer. La jeune femme avait préféré rentrer. Elle avait imaginé finir sa journée de repos, confortablement installée dans son canapé devant un film ou un épisode de série quelconque. Spooki en aurait très certainement profité pour se coller contre elle et s’endormir à peine rentré et Talisa aurait passé le reste de la journée à ne surtout pas penser à ce qui l’attendait demain. Mais il faut croire que son plan avait une faille quelque part qu’elle n’avait pas anticipée. Comment aurait-elle réussi à le faire ? Pourtant au début tout semblait concorder. Elle était rentrée chez elle et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, elle s’était installée confortablement devant la télévision. La jeune femme avait même été à deux doigts de s’endormir quand on avait frappé à la porte. Elle aurait pu l’ignorer. Ne pas se lever. Ne surtout pas aller ouvrir. Agir ainsi lui aurait évité une situation gênante. Mais comment aurait-elle pu savoir qu’elle allait trouver Shae derrière sa porte. Comment aurait-elle pu ne serait-ce qu’imaginer ce qui l’attendait ? La surprise l’avait d’abord dominé. L’espace de quelques secondes, Talisa avait bien cru qu’elle rêvait. Que ce n’était qu’une apparition destinée à disparaitre ensuite. Qu’une personne lui ressemblant étrangement venait de frapper à sa porte et que l’esprit de la jeune femme s’était trompé. Mais la silhouette de Shae n’avait pas disparu et Talisa ne s’était pas trompée. Même si elle avait pu en douter misant sur le fait que les années pouvaient changer une personne les mots de la jeune fille avait mis un terme à tous ses doutes. Il n’y avait qu’elle pour lui parler ainsi. Il n’y avait surtout qu’elle pour lui parler de cela. La surprise était alors passée au second plan laissant la place à toute la colère que Talisa avait refoulé pendant des années. Et même pire que la colère, l’amertume et les regrets. Elle avait voulu tirer un trait sur cette partie de sa vie. Elle avait voulu oublier le Canada et Vancouver et toutes ces années qu’elle y avait passé. Et voilà qu’elle refaisait surface, les yeux baissés luttant contre ses larmes et l’air mal à l’aise. Tous les souvenirs qu’elle avait mis tant de mal à oublier, à mettre dans un coin de sa tête semblaient libérer et allaient où bon leur semblaient. Comme si elle retrouvait la mémoire après des mois passés dans l’incertitude. La seule différence c’est que Talisa avait aimé vivre ainsi. Elle avait aimé pouvoir laisser de côté ses mauvais souvenirs en arrivant à Memphis, c’était d’ailleurs pour cela qu’elle avait tenu à partir si loin. Elle ne s’était pas retournée. Elle n’avait pas pensé à tout ce qu’elle laissait derrière elle parce que pour la jeune femme la réponse était claire : elle ne laissait rien ni personne derrière elle. Vancouver était une partie de sa vie qu’elle avait décidé d’oublier. Qu’elle voulait mettre de côté et dont elle ne voulait plus parler. Elle n’en parlait jamais, à qui que ce soit. Elle essayait même de ne pas y penser. Mais son doux rêve, son moment d’oubli et de répit s’était évanoui au moment même où elle avait trouvé Shae derrière sa porte. A elle seule, elle rappelait à Talisa toutes ces années qu’elle s’efforçait de mettre de côté. Elle représentait à elle seule le plus grand regret et la plus grande douleur de la brune. Alors la jeune femme n’avait pas vraiment su comment réagir. La rancœur qu’elle gardait au fond d’elle ne semblait demander qu’à s’exprimer et Talisa avait bien trop souffert pour se retenir. Mais peu importe ce qu’elle aurait aimé devenir, elle n’était jamais devenue sans cœur. Elle ne pourrait jamais ignorer la mal-être que la frêle silhouette de Shae lui renvoyait. Elle ne pourrait jamais ignorer les larmes qu’elle tenait vainement à lui cacher. Elle lui en voulait toujours bien sur, des années d’éloignement ne pouvaient s’effacer parce que l’une ou l’autre le souhaitait. Mais Talisa était incapable de faire comme si la revoir ne lui faisait rien. Comme si elle avait tiré un trait définitif sur elle. Sur leur amitié. Pendant longtemps Talisa avait pensé que c’était le cas pourtant. Elle avait vu Shae comme la dernière personne en qui elle avait eu confiance. Comme la dernière personne qu’elle s’était autorisée à aimer et à laquelle elle s’était attachée. L’espoir d’une adolescente que la vie pouvait encore être belle quelque part. Jusqu’à ce que cet espoir soit brisé par la même personne en qui elle croyait. Alors Talisa avait pensé pouvoir l’oublier. Faire comme si leur amitié n’avait été qu’une erreur de jeunesse, si vite oubliée une fois terminée. Mais aujourd’hui, elle se rendait compte que ce n’était pas le cas. Tali avait l’impression de toujours la connaitre et de la reconnaitre dans ses gestes. Dans ses mots. Shae avait toujours été la plus douce et la plus réservée des deux. Elles se plaisaient à dire qu’elles étaient complémentaires et que c’était ce qui rendait leur amitié si unique. Et il semblait que ce genre de chose ne s’efface pas aussi simplement qu’on le voudrait. Aussi simplement qu’elle l’avait imaginé. La jeune femme était perdue, à présent. Une part d’elle avait envie d’en vouloir à Shae. De lui faire comprendre ce qu’elle avait traversé par sa faute. Elle qui connaissait les plus grandes lignes de l’histoire. Elle qui savait quel était le pire cauchemar de Talisa, elle avait pourtant agi comme les autres. L’abandonnant pour un autre. Pour des sourires et des déclarations vides de sens. Qu’elle l’avoue ou non, qu’elle l’ait montré ou non Tali en avait souffert. Elle s’était permis d’espérer. Elle avait cru qu’un joli sourire sur un visage de poupée pouvait tout changer. Effacer les souvenirs et permettre de repartir sur d’autres bases. Mais tout cela n’avait été qu’illusion. Un doux rêve pour que la chute n’en soit que plus rude ensuite. Rien que pour cela, la jeune femme avait envie de laisser échapper tout ce qu’elle pensait. De laisser tout son ressenti s’exprimer enfin. Tandis que l’autre partie d’elle l’empêchait de décrocher ses yeux de son ancienne meilleure amie. Elle ne pouvait s’empêcher de la scruter, essayant de donner un sens à ses gestes et alors la rancœur de Talisa s’envolait doucement laissant place à des regrets et de la peine. Elle lui en voulait encore. Peut-être même qu’elle lui en voudrait toujours un peu. Mais elle connaissait assez bien la jeune fille pour se rendre compte qu’il y avait quelque chose de différent. Quelque chose qui ne lui correspondait pas tout à fait. Elle vit des perles d’eau s’écraser à ses pieds alors que Shae n’avait toujours relevé les yeux. Talisa s’en voulut. La faire pleurer n’avait jamais été ce qu’elle voulait mais elle pensait mériter le droit de lui dire ce qu’elle avait sur le cœur. Au moins une fois. Serrant doucement ses lèvres Tali se rendit compte que peu importe à quel point elle pouvait lui en vouloir, elle considérait encore Shae comme une petite poupée fragile qu’il faudrait protéger. Sa voix hésitante, son attitude, ce serait hypocrite que d’affirmer qu’elle ne se sentait pas mal de repenser à tout cela. « J’espère au moins que ton explication est recevable… » Elle aurait pu fermer la porte. Ne pas écouter un seul mot de plus et cette fois-ci tirer un trait sur leur amitié. Définitivement. Tout cela ne tenait qu’à elle et pourtant Talisa était incapable de fermer la porte, de lui tourner le dos. Sa curiosité l’emportait mais plus que tout elle méritait de savoir pourquoi elle s’était retrouvée seule du jour au lendemain. Peut-être que cela l’aiderait à tourner la page. Il y avait bien longtemps qu’elles ne s’étaient plus retrouvées à deux. Les derniers mois avant la désillusion, Shae était toujours accompagnée de son ombre et Tali n’arrivait toujours pas à se faire à l’idée qu’elle n’était plus avec lui. « Tu l’as…fui ? Qu’est-ce que… » Elle ne finit pas sa phrase alors que les pires scénarios se jouaient dans sa tête. Voulait-elle réellement savoir dans le fond ? L’ignorance lui permettait au moins de s’endormir le soir mais était-elle prête à abandonner Shae pour autant. Quelques secondes plus tard, Talisa s’effaça pour qu’elle puisse entrer dans l’appartement. La situation continuait d’être déroutante mais elles ne pouvaient décemment par parler au beau milieu d’un couloir. Pas quand l’une était au bord des larmes et que l’autre laissait échapper ses phrases du bout des lèvres comme si elle avait peur d’entendre la  suite. Elle referma la porte derrière elles alors que Spooki accourait déjà, seulement heureux d’accueillir un nouveau visiteur. Elle retint un sourire devant son attitude et releva les yeux au son de la voix de Shae, croisant son regard pour la première fois. La surprise de cette annonce faillit la perdre avant qu’elle ne se ressaisisse. La jeune fille n’avait jamais été le genre de personne à aimer être bousculé et Talisa avait l’impression que c’était encore plus vrai que plusieurs années auparavant. « C’est bien, tu as réussi alors. » Elle resta un instant silencieuse, se remémorant les moments qu’elles avaient passé à parler de leur avenir. « Je travaille à l’hôpital, je suis kiné… » Ses yeux se posèrent sur Shae puis sur son petit chien qui semblait apprécier l’attention dont il faisait preuve. Elle les observa ainsi jusqu’à ce que Shae ne la sorte de ses pensées. « Je l’ai appelé Spooki. » Le chiot tourna légèrement la tête vers elle et Talisa esquissa un léger sourire. Doucement ses pas la dirigeaient dans le salon, elle savait que Shae la suivrait quand elle serait prête. « Est-ce que tu veux t’assoir ? Ou…tu préfères rester dans l’entrée ? » La jeune femme fit un tour sur elle-même, peu certaine vis-à-vis de ce qu’elle devait faire maintenant. Elle avait toujours vu en Shae quelqu’un de confiance, avec qui il était simple de discuter. Et même de rigoler. Pourtant à présent, elle avait l’impression que quelqu’un avait effacé cette facilité qu’elles partageaient et Talisa ne pouvait s’empêcher de le regretter. « Est-ce que tu veux quelque chose, à boire, à manger ? Je crois que je dois avoir un peu de tout… » Elle s’assit finalement sur le canapé attendant sagement que Shae se décide. Parler l’occupait, peu importe qu’elle ait une réponse ou pas. Elle savait qu’elle avait besoin de temps et Talisa essayait simplement de s’occuper pour ne pas la brusquer.

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Shae Woodstock
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MessageSujet: Re: Talisa (+) Le temps efface nos erreurs, peut être nos blessures Ven 21 Aoû - 10:07



But I'm holding on for dear life, won't look down, won't open my eyes.
L’imprévu était un état que le quotidien savait imposer à sa manière. Parfois agréable, il résultait d’une succession d’évènement qui permettait à tout un chacun de retrouver un semblant de joie et d’espoir. Mais ce dernier pouvait également être néfaste et engendrer une succession de malheur et de tristesse. Inattendu, il se révélait comme étant le pire des maux, celui qu’on s’efforçait de vouloir s’extirper de toutes nos forces, parce qu’il nous tiraillait et faisait en sorte de nous entraîner vers le fond. Celui là même que l’on ne pouvait plus combattre et qui nous dépossédait de nos moindres forces. Il n’était qu’une nuance sur un tableau tout entier. Un tableau qui s’étirait encore et encore et dont les bords n’étaient jamais perceptibles à l’œil nu. Alors il fallait faire avec. Il fallait essayer de se ressaisir et d’améliorer les situations, trouver assez de force pour se dire que finalement il y avait pire que cette situation. Même si en réalité, il n’y avait pas pire que cette dernière. Mais cette simple pensée, ce simple espoir permettait ainsi d’appréhender les choses d’une autre manière.  Protéger les autres devenait une priorité à part entière. Endosser toute la douleur afin que ceux à qui l’on tient puissent jouir d’une vie meilleure. Il fallait apprendre à se taire, apprendre à dissimuler ce que l’on ressentait, juste pour les protéger. La vie prenait alors une autre tournure. Celle que l’on n’avait jamais envisagé, dont personne ne nous avait prévenu qu’elle pourrait nous causer du tort de cette manière. Et puis enfin, l’apprentissage du sacrifice arrivait. Celui là même qui permet d’entrevoir une lueur aussi légère soit-elle par delà cette obscurité. Parce qu’il nous appréhendait un monde dans lequel, notre existence n’était plus nécessaire pour les autres. Ces autres que l’on adorait et que l’on désirait plus que tout préserver du moindre mal, ces autres qu’on préférerait de loin laisser pour qu’ils s’en sortent, pour qu’ils puissent permettre de connaître une meilleure vie, pour que le sourire sache emplir leur cœur de la même manière que le bonheur pouvait s’immiscer. Faire ce constat était des plus douloureux, des plus difficiles à vivre, mais au moins il permettait d’acquérir d’une certaine force face aux évènements à venir. Aussi le regret ne cessait de s’abattre, de lancer des coups les uns les plus douloureux que les autres, d’entraîner vers ce fond sans fin. La chute était terriblement difficile et tout ce qu’il y avait de plus douloureux, néanmoins elle s’avérait être nécessaire pour ainsi sauver ceux que l’on aimait. Shae ne cessait de sentir la honte, mais bien au-delà de cela la gêne et le mal être l’envahir. Talisa ne méritait pas cela, jamais elle n’avait pu mériter une moindre once de mal quel qu’il soit. Et le simple fait de l’avoir connu et de lui avoir donné son amitié l’avait accablé. La jeune fille, dont les brumes ne cessaient de la perdre dans ses tourments, en venait même à regretter de lui avoir adressé la parole ce jour là. De lui avoir conté sa vie d’antan et d’avoir ainsi participé à son attachement à sa personne, car si elle s’était tue, si elles n’avaient été que de simples connaissances, ainsi Talisa n’aurait jamais pu souffrir par sa faute. Car tout était de sa faute et de sa naïveté. De ce sentiment de culpabilité qui avait toujours eu tendance à lui faire croire que sa simple existence était un frein à l’humanité entière. Jamais, elle n’aurait du exister, jamais elle n’aurait du non plus laisser les gens l’approcher. Ainsi, elle aurait protégé énormément de personne, mais surtout sa meilleure amie qui avait besoin d’un soutien. Shae avait failli à sa tâche et pourtant, elle se devait d’apporter des explications quant à ce passé qu’elle désirait oublier. Ce passé qu’elle ne pourrait jamais laisser de côté malgré toutes ses bonnes intentions, tant il l’avait blessé et affaiblie de plus belle. L’espoir l’avait regagné dès lors que ses yeux avaient croisé cette annonce. Une annonce qui lui était apparue alors comme une rédemption ou du moins une opportunité qu’elle se devait de saisir, pas pour elle, mais pour sa meilleure amie. La peur, la honte, cette sensation de vouloir s’effacer un peu plus, tous ces sentiments l’avaient envahi telles des attaques en pleine figure. Elle aurait très bien pu rebrousser chemin, faire comme si elle n’avait rien vu, reprendre sa voiture, cette voiture qu’elle avait acquis dans un autre état pour ne pas qu’il la retrouve, et rouler plus loin encore. Rouler, jusqu’à ce que l’essence ne vienne à s’épuiser du réservoir et recommencer encore. Mais fuir n’était pas toujours une solution. Elle l’avait été par le passé, cependant, elle ne devrait plus l’être maintenant. Shae ne voulait plus qu’elle le soit. Aussi, la jeune fille avait osé franchir cette barrière, saisir cette opportunité qui aurait peut être engendré un bien comme un mal. Au vue de ses pensées, le mal était de mise, tant elle comprenait le comportement de sa meilleure amie. Son comportement renfermé s’expliquait par la rancœur qu’elle éprouvait à son égard, et elle avait raison. Shae n’osait même plus relever ses yeux, préférant de loin éviter d’affronter cette colère, celle là même qu’elle avait lu dans tant de regards. Finalement, elle avait l’impression d’engendrer ce sentiment pour tout le monde, tant elle se sentait incapable de tout. Elle aurait tant voulu s’effacer, se fondre dans cette masse pour disparaître totalement. Mais à présent, elle ne pouvait plus reculer. Et plus les mots s’enchaînaient, plus la douleur s’accroissait, d’une manière qu’elle connaissait pourtant, mais dont elle n’arrivait pas à s’habituer pour autant.  La brume s’épaississait encore davantage, si bien qu’elle ne pouvait plus percevoir les murs autour d’elles. Il n’y avait que les pieds de sa meilleure amie, ceux là même qui lui exprimaient à la fois une colère sans précédent mais aussi une volonté d’en savoir un peu plus. Aussi et malgré les larmes, Shae avait cru reconnaître le caractère protecteur et amical de sa meilleure amie. Celui là même qu’elle avait pu côtoyer par le passé, qu’elle avait eu la chance de pouvoir partager et qui exprimait l’ensemble de ses regrets dans ce présent. Oppressée, étouffante, la boule qui se former dans sa gorge obligeait Shae à déglutir avec difficulté dans ce silence qu’elle préférait garder. Un silence qu’elle voulait briser juste pour avoir assez de temps pour expliquer certaines choses. D’ailleurs, elle ne savait même pas ce qui parviendrait à sortir d’entre ses lèvres, ce dont elle parviendrait à avouer et ce qu’elle tairait tant la douleur lui serait invivable. Cependant, elle ne préférait pas y penser, pas pour l’instant, pas alors qu’elle était complètement perdue et que l’idée même d’engendrer autant de mal à sa meilleure amie l’accablait encore plus. La situation était telle que Shae désirait partir à nouveau, faire demi-tour et agir d’une manière qu’elle n’aurait jamais pouvoir songer. Peut être que si elle n’existait plus… Peut être que… Ces pensées ne cessèrent de l’agresser de toutes parts, alors que certaines larmes s’échappaient de ses paupières pour venir s’écraser contre le sol. La force faiblissait. Mais alors qu’elle pensait que tout espoir était perdu, que toute la douleur ne parviendrait jamais à s’apaiser, Shae fut surprise d’entendre la stupeur dans la voix de sa meilleure amie, quant à l’annonce qu’elle venait de lui faire. Des fragments des souvenirs passés, ceux qu’elles avaient partagés ensemble à certains moments plus légers de leurs vies, vinrent alors s’interposer dans son esprit pour ainsi repousser doucement le malheur. L’heure fatidique allait venir. Cette heure qu’elle avait repoussé tant de fois et dont elle ne savait pas comment aborder. Ses lèvres tremblaient un peu plus, alors que des frissons lui couraient l’échine comme une eau glacée pouvait lécher de brulures la peau. Shae se pinça les lèvres une première fois, se mordant ses dernières de manière forte, alors que ses mains en arrivaient à retrouver cette position habituelle qu’elle avait appris à prendre dès qu’elle était mal à l’aise. Elle espérait juste ne pas en parler dans ce couloir, dans cet espace de passage qui aurait pu lui nuire encore plus. Les épreuves s’enchaînaient et la peur de revoir se fermer cette porte contre son nez était telle, que Shae commençait déjà à ressentir les prémices de soubresauts incontrôlables. Mais c’était sans compter la gentillesse et la compassion de sa meilleure amie dans l’invitation qu’elle venait de lui faire. Rentrer. Cette simple attitude emplissait le cœur de Shae tel un baume qui pouvait panser les pires douleurs, tant elle était inespérée. C’était la première fois qu’une porte ne se refermait devant elle, mais au contraire qu’elle allait le faire après son passage. Une première fois qui lui donnait la possibilité de pouvoir jouir de la protection d’un toit, de la possible confession qu’elle pourrait donner, de cette écoute qu’elle pourrait recevoir. Et c’était sa meilleure amie qui lui offrait. C’est ce qui expliquait pourquoi, elle pénétra l’entrée de cette nouvelle pièce et qu’elle accueillit les moindres mouvements à son égard comme une possible rédemption. Comme un nouveau départ qu’on lui offrait, à moins que ce ne soit une chute encore plus grande. Shae chassa immédiatement ses pensées de son esprit, alors qu’une petite boule de poil noire, la même que celle qui avait aboyé un peu lorsqu’elle avait frappe contre le bois froid de cette porte, voulait trouver un nouveau refuge dans l’arrivée qui lui était offerte. La jeune fille en profita alors pour se baisser et ainsi lui donner généreusement ce qu’il désirait tout en avouant à sa meilleure amie ce qu’elle était devenue. Même si elle savait que le moment n’était pas le plus opportun, même si ses yeux rougis pleuraient encore de timides larmes, même si rien n’était et ne serait probablement plus comme avant, elle l’avait fait. Une grimace qui se voulait être un timide sourire arriva à se dessiner sur ses lèvres alors que Talisa semblait la féliciter pour ce qu’elle avait réussi. Dans un autre contexte, Shae se serait relevé pour venir la prendre dans ses bras et la remercier encore et encore tant elle s’en trouvait toucher. Mais elle ne pouvait faire un tel geste. Pas maintenant et probablement jamais. Néanmoins, et alors qu’elle continuait ses caresses à l’adresse du petit chiot, Shae reçut également la nouvelle de la réussite de sa meilleure amie avec joie et tenta de lui montrer à l’aide de son regard. « Je suis contente pour toi. Tu mérites une telle place. » Elle espérait que ses dires ne causeraient pas de tort dans le cœur de sa meilleure amie. Dire qu’elle méritait ou pas des choses lui était interdis à présent. Cependant, elle espérait simplement lui prouver de sa sincérité. A elle qui reflétait un exemple même de ce que la force pouvait engendrer. Sa meilleure amie qui était celle qui méritait le plus. Cette Talisa, dont le passé lui avait été difficile et douloureux, un passé qu’elle n’aurait jamais du connaître, qui s’épanouissait dans le présent et reflétait une image emplie de respect et de fierté. Les yeux de Shae échappèrent à ceux de sa meilleure amie, alors qu’ils retrouvaient le petit chiot du nom de Spooki. Un prénom original mais qui reflétait par la même occasion, le caractère imprévisible de sa meilleure amie. « C’est joli. » Sa voix ressemblait à un murmure, alors que ses jambes se relevaient pour ainsi se retrouver debout. Shae cru défaillir, ne sentant plus ses forces dans ses dernières, tant le mal être l’envahissait. Pourtant, elle remarquait les moindres attentions de Talisa, ses efforts pour la mettre un peu à l’aise, alors qu’elle aurait très bien pu ouvrir à nouveau la pore derrière elle et lui demander de partir. S’asseoir. Cela serait mieux oui. Néanmoins, la jeune fille n’osait aller en avant, préférant être accompagné dans cette tâche. Pourtant en agissant ainsi, Talisa avait le meilleur des comportements, lui prouvant qu’elle disposait de ce choix. Celui là même qui les conduirait vers une autre destination complètement inconnue pour toutes les deux. Shae déglutit encore avec difficulté, alors que ses yeux se portaient vers le salon. Si elle était venue ici c’était pour parler, pour lui donner des explications comme elle avait pu lui apprendre par le passé. Et autant le désirer paraissait facile, que de le faire en devenait une véritable épreuve. Ce canapé devenait menaçant, si bien qu’elle avait l’impression que dès qu’elle y prendrait place, elle se ferait avaler par les tourments et toutes ses craintes. Silencieuse, Shae dégageait son regard de cette nouvelle menace pour le poser sur Talisa qui venait de lui demander si elle désirait quelque chose. La jeune fille se contenta de faire un signe négatif de la tête, incapable de prononcer le moindre mot pour l’instant, essayant de rassembler ses esprits pour savoir par ou elle devrait commencer. Ses yeux suivirent ensuite le mouvement de sa meilleure amie. Un mouvement décidé qui l’invitait à la rejoindre. Ses lèvres tremblaient à nouveau alors que les maux la rongeaient de l’intérieur. Des maux qu’elle devrait vaincre pour leur bien être, pour le bien être de sa meilleure amie. En songeant à cela, Shae fut le témoin de ses jambes, si bien qu’elle venait tout juste de s’installer sur ce même canapé et qu’une première vague de douleurs l’assiégeait de part son dos. « Je… » Les mots s’enchaînaient dans son esprit, mais pourtant ils ne parvenaient pas encore à franchir ses lèvres. La panique la saisissait de plus belle, jusqu’à ce qu’elle ne ferme ses yeux pour inspirer une première fois et par la même relâcher une première vague de pression. « … Partie avant qu’il ne… » Ses mots étaient décousus, complètement insensés mais qui arrivaient à exprimer des idées qu’elle ne savait pas formuler. « Je ne voulais plus subir ça. » Un premier soubresaut arriva à la saisir, si bien qu’elle reporta le dos de sa main au niveau de sa bouche pour ainsi taire cette douleur. Il fallait qu’elle y arrive, elle se devait de trouver les bonnes choses et d’explique ne serait-ce qu’un peu la situation. Talisa le méritait plus que tout. Et si elle n’y arrivait pas de cette façon, il fallait qu’elle tente d’une autre. « Une des plus grandes erreurs de ma vie a été de le laisser faire. Il m’a répété plusieurs fois que si je ne te laissais pas, il t’aurait fait du mal. Parce que je t’aimais plus que lui et qu’il ne fallait pas que ce soit comme ça… » Une nouvelle bouffée d’inspiration lui permit de relâcher un peu la pression et cette main qui cachait sa bouche se dégagea pour venir écarter les larmes de ses yeux. « … il m’a tout pris… Je n’ai rien fais, parce que j’avais peur… Je ne voulais pas qu’il te fasse… Il n’avait pas le droit de t’en faire. » La nausée commençait également à la prendre, elle se dégoutait plus que tout. « J’ai rien dis… Parce que je l’aimais aussi, j’aurai pas dû, j’aurai jamais dû. » Cette fois-ci la douleur était bien tranchante, si bien que la jeune fille se mit à cacher son visage dans ses deux mains et que les larmes qui restaient dans le fond de gorge s’échappaient de manière vigoureuses de ses yeux. « Je te demande pardon Tali. Pardon d’être faible, d’être naïve, pardon d’exister. » Elle s’attendait à entendre des mots qu’elle méritait, une colère qu’elle accepterait, tant elle savait qu’elle était en tort pour tout. Shae serait probablement chassé, laissé à l’abandon et ce comportement serait justifier. Au moins ainsi, elle ne lui ferait jamais plus de mal et elle n’en ferait plus à personne.

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MessageSujet: Re: Talisa (+) Le temps efface nos erreurs, peut être nos blessures Jeu 29 Oct - 18:14



Friends will be friends, holding hands will someday surely form a band.
La main sur la poignée de la porte, le regard perdu devant elle. Est-ce qu’il était encore possible de faire marche arrière ? De faire comme si elle n’avait pas ouvert la porte ? Comme si elle n’avait jamais quitté le confort de son canapé et ignorer les coups à la porte ? Talisa en doutait fortement et pourtant c’était bien la seule chose à laquelle elle arrivait à penser pour le moment. Elle avait passé des années à agir comme s’il ne s’était rien passé pendant ces années au Canada. Elle avait tout fait pour éloigner ses souvenirs loin de son esprit. Spécialement quand les bons souvenirs se transformaient en une sorte de cauchemar récurrent. La jeune femme avait pris sur elle pour y faire face. Pour continuer à avancer. Sans elle. Sans ses amis. Sans sa meilleure amie. Elle ne pouvait pas nier que cela lui avait pris du temps. Beaucoup de temps, même. Pour être capable de repenser à ces années sans que la colère et la tristesse ne traversent son corps. Sans qu’elle ne soit obligée de lutter contre les larmes à chaque fois que la souvenir d’un visage ou d’un moment particulier passait devant ses yeux. Elle avait lutté contre ses vieux démons. Contre une part d’elle-même et Talisa était fière d’y être arrivée. Elle pensait s’en être débarrassée une fois pour toute. Elle s’était fait la promesse de ne jamais refaire ce genre d’erreur. Parce que s’attacher à quelqu’un, peu importe le degré d’attachement était trop dangereux. Pour elle et pour les autres. Alors elle préférait n’avoir personne dans sa vie, de loin ou de près, plutôt que de revivre tout cela encore une fois. Depuis son enfance, elle avait eu largement l’occasion de constater qu’elle détestait ce sentiment et elle n’avait plus envie de le ressentir une autre fois dans sa vie. Peu importe que cela l’oblige à rester seule ou éloignée des autres. Si c’était là l’unique moyen pour se protéger, elle était prête à faire ce sacrifice. D’une certaine manière, elle l’avait déjà fait. En tirant un trait sur plusieurs années de sa vie. Plusieurs années heureuses qu’elle avait accepté de laisser au passé, presque comme si elles n’avaient jamais existées. Evidemment rien de tout cela n’avait été facile mais Talisa l’avait jugé nécessaire. Jusqu’à présent, elle avait même pensé que son idée marchait à merveille. Depuis qu’elle était arrivée à Memphis elle n’avait plus connu les mêmes désillusions désastreuses comme cela avait pu être le cas avant. Elle pensait vainement être au-dessus de tout cela. De faire partie de cette catégorie de personne qui ne ressentent absolument rien pour les autres et qui vivent magnifiquement bien ainsi. Elle aurait pu vivre de cette manière. Elle avait voulu y croire. Mais au moment même où elle avait ouvert la porte cette possibilité s’était envolée. Talisa pouvait bien dire ce qu’elle voulait, agir comme elle voulait, elle ne pourrait jamais être sans cœur. Etre froide. Faire comme si rien ne la touchait : elle n’était pas assez douée à ce jeu là. En réalité, elle ne l’avait jamais été et elle doutait même y arriver un jour. Elle n’avait pas la volonté pour. La jeune femme n’avait pas envie de devenir complètement insensible même si elle devait avouer que cela aurait pu être très pratique. En particulier maintenant. Mais n’importe quelle personne pouvait bien essayer de changer, il y avait toujours une partie de nous même qui restait intacte. Et Talisa savait très bien ce qu’elle ne pourrait jamais changer chez elle : elle n’arrivait pas à laisser quelqu’un qu’elle aimait sur le banc de touche. Encore moins quand ils avaient l’air aussi malheureux et mal à l’aise que Shae pouvait l’être devant elle : la voix basse et peu assurée, la tête baissée comme si elle portait le poids du monde sur ses épaules. En seulement trois secondes la jeune fille venait de mettre un terme à toutes les croyances que Talisa pouvait avoir. Elle n’avait pas oublié. Comment aurait-elle pu oublier un jour ? Elle était bien loin de l’idéal de ‘non attachement’ auquel elle avait cru, auquel elle s’était accrochée en espérant que cela puisse la sauver. En fait, elle ne l’avait probablement même jamais atteint, se contentant de poser un voile devant ses yeux parce qu’ils étaient tellement plus simple de vivre ainsi. Mais il avait pourtant suffi d’une seule fois. D’un seul moment. D’une seule personne. Pour que le château de carte de Talisa ne s’effondre en un instant alors que la jeune femme ne savait pas réellement si elle devait le regretter ou pas. Elle n’avait pas oublié. Elle n’était pas insensible et sans cœur non plus. Parce que dans le fond, ce n’était tout simplement pas elle. Mais si elle n’était pas du genre à laisser quelqu’un sur le bord de la route, elle n’était pas certaine d’avoir envie de retraverser toutes ces épreuves. Cela avait été trop long et éprouvant pour qu’elle ait la force de le faire. Une nouvelle fois. A cause de la même personne. Talisa avait l’impression que la suite de sa vie se déterminait maintenant et par un simple geste : est-ce qu’elle allait laisser Shae entrer ? Ou bien simplement lui dire poliment qu’elles n’avaient plus grand chose en commun et qu’il valait bien mieux que ça s’arrête là. La jeune femme avait l’impression qu’un véritable combat se jouait dans son esprit. Fallait-il être raisonnable ou faire confiance à son ressenti ? Est-ce que son cœur avait seulement été d’un bon conseil un seul jour dans sa vie ? Talisa commençait à en douter de plus en plus et pourtant elle continuait de s’y fier. Peut-être malgré elle, elle ne saurait le dire. Cependant et sans réellement savoir pourquoi la jeune femme s’était décalée, permettant à Shae d’entrer. Et lorsqu’elle ferma la porte derrière elles, Tali ne savait toujours pas comment elle devait agir. Ce qu’elle était censée dire. De quelle manière elle devait se comporter. La colère, la curiosité, le doute et peut-être même un semblant de peur. Tout se mélangeait en elle alors qu’il n’y avait rien d’autre à faire qu’attendre. Que d’être patiente. Même si en tout état de cause, la patience n’avait jamais été son fort. Talisa devait sans doute remercier son petit chiot pour la distraction qu’il apportait aux deux jeunes femmes. Son innocence fit sourire la plus âgée avant qu’elle ne relève les yeux vers Shae. Est-ce qu’elle le méritait vraiment ? Est-ce qu’elle méritait la moitié de ce qui lui était arrivé ? Talisa aurait pu lui demander. L’asséner de questions auxquelles Shae n’aurait jamais pu trouver de réponse simplement parce que cela aurait permis à la première d’extérioriser sa colère mais elle préféra ne rien dire. Elle se contenta d’un vague sourire avant de lui répondre un simple « Merci. » Il était encore temps de se lancer dans la polémique plus tard. Si Shae n’avait pas fui avant. Peu importe la rancœur que Talisa pouvait avoir au fond d’elle, elle devait bien l’admettre : celle qu’elle avait considérée comme sa meilleure amie ne lui avait jamais semblé aussi peu à l’aise et si perdue. La brune le voyait bien. Elle essayait de penser à autre chose, se focalisant sur Spooki le temps de mettre de l’ordre dans ses pensées. Alors Talisa essayait de le respecter, de ne pas la brusquer pour ne pas l’effrayer encore un peu plus. Sa patience allait surement être mise à rude épreuve mais Shae en valait la peine. Au moins pour ce qu’elle avait représenté pour Tali pendant des années. Rien qu’au nom des souvenirs, de leur amitié, Tali lui devait bien ça. Elle était partie s’assoir, déviant doucement le sujet de conversation vers quelque chose de plus banal. Quelque chose qui ne nécessitait aucune sorte d’explication et pourtant cela ne semblait même pas rassurer un tant soit peu la jeune fille. La télévision encore allumée laissait échapper quelques brides de parole bien que Talisa ait baissé le son, l’espace d’un instant c’était la seule chose qui était venue troubler leur silence. Elle avait senti la présence de Shae au moment celle-ci s’était rapprochée et la jeune femme faisait de son mieux pour ne pas la fixer. Pour lui laisser l’espace dont elle semblait tant avoir besoin. Elle ne tourna la tête qu’aux premiers mots de Shae, fronçant doucement les sourcils d’incompréhension. Finalement, elle n’était plus si certaine de vouloir tout connaitre de cette histoire. Elle serra les lèvres de peur de prononcer un mot qu’il ne fallait pas et la laisser continuer. L’incompréhension qui se lisait sur les traits de son visage laissait sa place à la surprise, à la peur et à la frustration. Elle ne voulait pas s’en prendre à Shae. Pas maintenant alors qu’elle semblait si vulnérable. « Je comprends pas… Tu veux dire qu’à force il t’a eu au chantage ? Affectif, certes mais ça reste du chantage ! » Talisa essayait d’assembler chaque morceaux. Elle essayait de trouver le sens de tout ce que Shae était en train de lui dire même si au fond d’elle-même, elle commençait à redouter ce qui allait en ressortir. L’ignorance pouvait être une bonne amie finalement quand on n’importe pas d’importance aux autres. « Pourquoi est-ce que tu ne me l’as pas dit ? Tu savais que tu pouvais avoir confiance en moi, n’est-ce pas ? Tu aurais pu me le dire. Tu aurais dû me le dire. J’étais déjà assez grande pour me débrouiller et me défendre toute seule. J’étais capable de me protéger toute seule… » Talisa essayait de rendre sa voix aussi douce que possible tant elle ne voulait pas effrayer un peu plus Shae. Alors après toutes ces années, la seule et unique raison de son éloignement soudain, de son abandon, c’était parce qu’elle voulait la protéger. Si elle n’avait pas vu les yeux brillants de Shae au même moment Talisa aurait pu croire à une blague. Mais elle savait parfaitement que la jeune fille n’était pas en train de mentir. Elle connaissait encore assez pour reconnaitre chacune de ses expressions. « Je sais que tu pensais bien faire… » Même si cela n’avait pas été à elle de le faire. Shae cacha son visage derrière ses mains alors que Talisa restait indécise quant à savoir ce qu’elle devait faire. Une partie d’elle était encore en colère alors que l’autre semblait plus encline à l’écoute et au réconfort. « Regarde-moi… » Son murmure se perdit dans la pièce et Shae en profita certainement pour faire comme si elle n’avait pas entendu. Talisa se décala légèrement, se rapprochant sans être trop près. « Shae, regarde-moi. » Elle attendit que cette dernière relève les yeux, délaissant la cachette de ses mains. « Tout le monde fait des erreurs. On pense tous faire le bon choix à un moment donné avant de se rendre compte que ce n’est pas du tout le cas. Ça arrive à tout le monde et j’ai bien peur que ça nous arrive encore, à l’une comme à l’autre. » La jeune femme fit une pause, hésitante. Tout le monde faisait des erreurs mais cela ne les rendait pas plus facilement pardonnable pour autant. « Tu sais même si je t’en ai voulu. Longtemps. Et que je n’arrêtais pas d’y penser. J’ai pu te reprocher tout un tas de choses mais jamais le simple fait d’exister. T’as fais des erreurs comme tout le monde mais ça ne donne le droit à personne de te dire que tu n’as rien à faire sur cette terre… » Talisa la regarda. Elle avait le sentiment que les émotions qui se battaient à l’intérieur de Shae allaient bien au-delà de ce qui avait pu se passer entre elles. Qu’elles se soient éloignées à cause de lui, Talisa n’avait pas tant de mal à y croire, ils n’avaient jamais pu se supporter… Elle tendit doucement sa main, repoussant une mèche de cheveux de Shae qui lui collait à la joue à cause de ses larmes. « Shae, je sais que c’est pas… Est-ce… Est-ce qu’il t’a fait du mal ? De n’importe quelle manière… » Elle ne savait pas vraiment ce qui l’avait poussé à poser la question. La curiosité mal placée ou l’instinct protecteur qu’elle avait toujours eu avec elle. D’autant plus que Tali n’était pas certaine de vouloir connaitre la réponse. Les émotions contradictoires se battaient déjà en elle sans qu’elle n’ait besoin d’en rajouter une de plus. Mais comme le dit le dicton : « on ne se refait pas ! »

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Shae Woodstock
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MessageSujet: Re: Talisa (+) Le temps efface nos erreurs, peut être nos blessures Ven 6 Nov - 9:59



But I'm holding on for dear life, won't look down, won't open my eyes.
L’oxygène s’amoindrissait à mesure que le malheur s’abattait sur l’âme de la jeune fille. Il se raréfiait derechef, dès lors que les images qu’elle désirait voir disparaître de son esprit, revenaient telles des assaillants féroces, avides d’assouvir un désir néfaste. Le néant n’en devenait pas moins explicite à mesure que ce démon la hantait encore un peu plus et ne lui laissait plus entrevoir,  ne serait-ce, qu’une once de luminosité sur laquelle se raccrocher. Ce masque se trouvait partout sur son chemin, depuis ses songes les plus violents, jusque dans les coins de rues qu’elle s’efforçait d’éviter. Ce dernier revêtait toujours des yeux divers, des attentions aléatoires, mais le chemin final sur lequel la jeune fille pouvait traverser un rêve, n’en devenait pas moins cauchemardesque. Il lui ôtait à chaque fois toute bonne aspiration, tout espoir quant à la réussit de ses projets. Il s’imposait simplement d’une manière omniprésente, celle là même qu’elle ne savait pas comment éviter et qui la rongeait de l’intérieur. Vide, amoindrie par le temps, mais surtout sa dignité usée, Shae n’en demeurait pas moins désireuse de sortir sa tête de l’eau. Pourquoi ? Elle-même n’en connaissait pas les desseins à venir, néanmoins, elle préférait ce comportement à celui qui se tapit dans l’ombre et attend simplement que le temps passe. Elle ne voulait plus être une victime, elle désirait simplement pouvoir réussir à respirer sans avoir peur de prendre le peu d’air nécessaire à l’autre. Et il fallait qu’elle y parvienne pour sa survie, pour oser croire en nouveau en quelque chose de bon. Peut être était-ce pour cette raison qu’elle avait osé franchir la barrière de tout ses obstacles et avait pu trouver assez de courage pour voir Talisa ? Peut être que cette rencontre n’en deviendrait pas un fléau pour sa meilleure amie, mais plutôt une rédemption à venir quant à ces années qu’on leur avait volé ? Qu’il leur avait volé… Si les remords trouvaient un refuge dans le cœur de la jeune fille, alors que ses yeux n’osaient pas croiser ceux de sa meilleure amie, il n’en restait pas moins que sa haine intérieure ne cessait d’aller vers ce démon qui lui avait gâché la vie. Peut être le méritait-elle après tout ? Son existence avait été largement critiqué et ce depuis sa plus tendre enfance… Elle acceptait que sa propre vie ne soit pas méritée, mais elle ne pouvait admettre que celle des personnes qu’elle appréciait, celle de sa meilleure amie, soit entravée ou même douloureuse par sa faute. Ainsi se battrait-elle pour elle, pour lui apporter un peu de ce bonheur qu’elle avait voulu lui offrir, mais dont on lui avait empêchait toute forme de générosité par la suite. Et pourtant, à présent qu’elle se tenait devant les yeux à la fois suspects, réprobateurs, mais surtout surpris de celle pour qui elle était prête à tout, Shae ne cessait de vouloir faire marche arrière. Peut être n’aurait-elle pas dû venir ? Le mal qu’elle infligeait à Talisa, de par sa simple vision, ne cessait de lui donner l’impression de ressentir ces maux qu’elle voulait oublier. Et ils en devenaient pires encore dès lors que sa voix résonnait contre les parois abruptes de ce couloir sans fin. Sans fin. C’était sûrement les termes qui qualifiaient le mieux le cercle vicieux dans lequel Shae s’était enfermée. Sans fin, mais surtout sans aucun espoir. Elle cherchait encore davantage cet air, juste pour ne pas tomber à la renverse, juste pour ressentir un peu moins la douleur qui s’étendait encore plus contre sa poitrine. Pourquoi avait-elle fait cela ? Son caractère généreux et altruiste ne cessait de s’en vouloir, de lui imposer des idées quant à tourner les talons et ainsi laisser celle qu’elle appréciait tranquille. Si elle avait été une meilleure amie, surement que son sacrifice aurait fait bien plus de bien pour Talisa que sa présence. Pourtant, cette part d’elle, celle là même qui ne cessait de lui dicter qu’elle lui devait des explications, mais surtout qu’elle lui devait tout, tambourinait plus fort encore contre son cœur. Aussi difficile, aussi douloureux que cela soit, si il y avait bien un personne sur Terre qui méritait un tel respect, il s’agissait bien évidemment de cette jeune fille brune, qui l’épiait du regard et qui semblait presque aussi perdue qu’elle d’une telle rencontre. Shae essayait de taire les larmes, de les réprimer à mesure que Talisa lui témoignait d’une présence qu’elle ne méritait pas, selon elle. La honte prenait le dessus et avec elle, cette nouvelle vague de culpabilité qui lui instiguait des idées qu’elle préférait taire. Pourtant, la force s’immisça bien assez en elle, pour lui permettre de franchir le seuil de la porte. Un pas en avant, qui reflétait bien plus que ce qu’elle n’aurait envisagé et qui lui laissait ainsi le privilège de croire un peu en cette amitié qui lui manquait. Mais à peine avait-elle franchi cette étape que déjà la honte venait de lui donner une belle baffe en retour. La jeune fille essaya de déglutir. La difficulté de cet instinct n’en devenait que plus forte dès lors que le temps qu’elle redoutait le plus s’approchait. Parler… Se confier… Finalement, elle n’était plus sûre de ce qu’elle devait faire ou pas, ce qu’elle devait dire ou plutôt taire. Mais si elle était là, c’était pour s’expliquer. Heureusement, Talisa, sa meilleure amie, parvint à trouver les mots et les gestes nécessaires à un léger apaisement. Cette attention toucha de manière délicate le cœur de la jeune fille, qui changeait le discours de son esprit. Cette fois, Talisa méritait tout et ce même si elle-même n’en serait plus rien. Leur amitié valait tout, alors que son existence n’en valait pas la peine. Ses yeux parvinrent à trouver ceux de la jeune fille au moment même où ce mince sourire se dessinait sur ses lèvres. Une part infime de son être s’en trouva plus serein, car cette jeune fille, aussi charmante et aussi gentille soit-elle, lui apportait un réconfort certain. Shae pensait ce qu’elle lui avançait, et quelque part la fierté de savoir que sa meilleure amie avait réussie dans ce domaine de prédilection, lui laissait présager d’un bonheur qu’elle avait pu atteindre. Elle méritait tout cela, comme elle méritait bien plus. Tout comme elle méritait que Shae la laisse ainsi vivre son bonheur sans elle. Une nouvelle vague de remords la frappait encore, l’obligeant à s’asseoir et à prendre des distances qui veillaient ainsi à prouver qu’elle ne désirait pas s’imposer. Elle n’aimait pas cela, tout comme elle n’appréciait pas être un centre d’attention. Sa vie, ses expériences, tout ce qu’elle avait pu connaître, ne cessaient de lui renvoyer des images durant lesquelles il lui était interdit de s’exprimer. Mais cette interdiction ne s’était jamais appliquée avec sa meilleure amie. Elle avait été la seule à l’écouter, à lui offrir une oreille attentive et même à lui laisser entrevoir l’idée de ce que le verbe exister signifiait. Seulement, elles avaient tout perdu à cause de lui. Ses mains se rejoignirent doucement, alors que sa tête se baissait davantage. La jeune fille désirait s’exprimer. Elle laissa passer des mots, aussi décousus et aussi insensés, mais elle voulait les dire. Shae se doutait que ce ne serait pas suffisant, ou du moins que la compréhension de ces derniers n’en serait que plus difficile. Mais elle avait l’impression de ne rien contrôler. Certains termes se taisaient dans sa bouche, comme si le simple fait de les prononcer, veillerait à réveiller le démon et ainsi son courroux. La panique prenait le dessus sur l’angoisse, si bien que ses mains qu’elle joignait se serraient un peu plus encore. Ainsi, Talisa ne verrait peut être pas que les tourments la faisaient trembler. Mais ses lèvres la trahissaient à mesure que le récit continuait. Jamais, elle n’avait pu s’exprimer sur tout cela. Jamais encore, les mots avaient eu raison de son comportement. Et ce n’était pas libérateur. Peut être parce que les termes n’étaient pas les bons ? La douleur s’étendait de plus belle, tant bien même qu’elle arrêtait toute forme de dissimulation. Shae était victime de ses angoisses et victime de cette existence qu’elle subissait plus qu’elle ne vivait. A quoi s’en cacher ? Ses yeux s’embuaient davantage, ne lui laissant plus aucune acuité visuelle nette. « Pas qu’affectif… » Avait-elle réussi à répondre entre deux soubresauts alors qu’elle comprenait parfaitement les questionnements de sa meilleure amie. Elle ne comprenait pas. La jeune fille acquiesçait d’un simple signe de tête à mesure que tout s’enchaînait. Plus rien n’était contrôlé, mais surtout il était là, derrière elle à attendre qu’elle se retourne pour ainsi lui coller un coup de poing sur le visage. Les larmes pourtant silencieuses veillaient à tomber drue au niveau de ses jambes alors que Talisa s’exprimait quant au comportement qu’elle aurait du avoir envers elle. Shae comprenait totalement son inquiétude, mais surtout les reproches dont elle pouvait lui assigner. Elle les méritait autant qu’elle méritait tout le mal qu’elle connaissait. Mais la peur avait telle qu’elle se serait toujours sacrifiée pour elle. Bien sûr, elle ne remettait pas en cause les capacités de Talisa à savoir se défendre, mais il n’en restait pas moins, qu’elle ne méritait pas cela. « J’ai cru te protéger… » Le murmure se perdait dans ses pleurs à mesure qu’elle ressentait la culpabilité la rongeait de l’intérieur. Cette dernière ne cessait de lui démontrer que tous avaient raison en fin de compte. Et que son existence ne méritait aucunement une attention particulière. Néanmoins, le constat que Talisa venait de lui dire vis-à-vis de son comportement, veillait à lui apporter un peu de réconfort. Ainsi, elle la reconnaissait un peu et même si elle savait qu’elle n’aurait jamais son pardon, son cœur s’en trouvait un peu rassuré sur le fait qu’en réalité elle la comprenait plus que ce qu’elle avait pu lui dire un peu plus tôt. C’est ce qui l’intima à trouver assez de courage pour ainsi demander pardon. Un pardon sincère qui veillait à laisser échapper toutes ses pensées qu’elle avait pu taire. Mais la boule dans sa gorge l’obligeait à cacher son visage dans le creux de ses mains. La honte, le manque de tout, la douleur, les remords, tous ces sentiments ne cessaient de l’accabler à un peu démesuré. Ses oreilles se bougeaient à mesure que l’angoisse la prenait. Elle n’entendait rien, si ce n’était ce sifflement incessant qui n’arrêtait pas de la ronger à la moindre occasion. Ce fut seulement le mouvement qu’elle ressentit un peu plus près d’elle qui parvint à chasser ce bourdonnement. Laissant tomber ses mains petit à petit de son visage, Shae releva doucement son regard en direction de Talisa. La proximité qu’elle venait d’établir entre elle veilla à la rassurer un peu. Si bien, que pour elle, la jeune fille essaya de taire ses soubresauts et renifla une première fois pour ainsi croiser ses yeux. Le reflet qu’elle y vit veilla à la rassurer un peu plus encore. Ou du moins, à lui prouver que tout ce mal n’était pas nécessaire. Même si les remords ne se taisaient pas, il n’en restait pas moins que la sincérité qui se dégageait de ce contact veillait à éloigner doucement l’image dans son dos. Attentive à ses remarques, Shae retrouvait là, le tempérament fort de Talisa. Elle avait toujours eu ce don de savoir relativiser, ou du moins d’essayer de trouver des compromis en fonction des épreuves qu’elle enduré. Son cœur était pur et toujours à même de vouloir prendre soin des gens qu’elle aimait. Les dires qu’elle enchainait trouvaient refuge dans le cœur de la jeune fille. Elle nota d’ailleurs l’emploi du passé quant au fait qu’elle lui en voulait. Si seulement, l’ancienne Shae était là… Elle n’aurait pas hésité à venir trouver refuge dans ses bras. Mais celle présente aujourd’hui, se contentai simplement de pleurer un peu plus et d’essayer de garder assez de force pour continuer à regarder sa meilleure amie. Entendre qu’elle avait le droit d’exister lui faisait énormément de bien. Mais c’est surtout l’entendre de la bouche même de celle qu’elle aimait comme une sœur qui l’amenait à en être touchée encore plus. Ainsi trouverait-elle la force d’exister pour Talisa. Et même si ses lèvres tremblaient, même si les larmes s’enchainaient, Shae essaya de lui montrer la reconnaissance et la gratitude qu’elle pouvait par le biais de son regard. Néanmoins, elle ne s’attendait pas à un geste tendre. Et eut un léger mouvement de recul, semblable à une surprise qu’elle n’attendait plus, alors que sa meilleure amie approchait doucement sa main de son visage. Pour tout avouer, Shae ne connaissait plus aucun geste tendre depuis un an et demi et l’image même de lever la main vers elle était à présent synonyme de la douleur à venir sur ses joues. Et ce geste qu’elle n’attendait pas, veillait à la réconforter de plus belle. Si bien qu’elle laissa le chagrin prendre le dessus et qu’elle se remit à pleurer. « Pardon… C’est pas contre toi… » Laissa t-elle échapper doucement alors qu’elle essayait de laisser l’oxygène s’engouffrer un peu plus dans ses poumons. Elle espérait ne pas avoir froissé Talisa, mais au fond d’elle, elle était persuadée qu’elle avait compris sa réaction. La question qu’elle venait tout juste de lui poser, lui laissait nettement croire en cette probabilité. Est-ce qu’il lui avait fait du mal ? Ses lèvres frémirent davantage à la simple question. D’ailleurs ses yeux se baissèrent à cet instant, voulant trouver refuge sur ce canapé. La jeune fille hocha simplement la tête de manière affirmative. « Tu te souviens le jour où on devait se voir pour aller au ciné ? Je t’ai dis… que je ne pouvais pas venir parce que j’avais fais une indigestion… » Peut être qu’en expliquant de cette manière, tout serait plus facile ? Ou peut être pas… Mais c’était mieux qu’employer les termes exacts. « Je t’ai appelé des toilettes… pas parce que je faisais une indigestion… » Instinctivement, sa main se porta au niveau de son abdomen, alors que le coup qu’elle avait pu y recevoir recommençait à se faire douloureux. « …ça fait mal tu sais… quand… on te frappe là….J’arrivais même pas à me relever… » Les larmes coulaient, elle ne pouvait plus les retenir, elle n’y arrivait plus. Et pourtant, elle voulait continuer. « … je m’étais enfermée… Je sais pas comment il a fait… Il est entré, il a cassé la porte. Et… il a pris mon portable et l’a écrasé contre le mur… » La nausée la prenait, si bien qu’elle veilla à fermer ses yeux pour inspirer fortement et sa main se releva un peu comme pour dire à Talisa qu’elle pouvait y arriver et qu’elle allait terminer. « Il m’a relevé et a plaqué sa main sur ma bouche pour étouffer mon cri. Il m’a pris le bras et l’a serré fort, très fort… Et puis il m’a dit ‘C’est moi que tu dois choisir, parce que je suis le seul qui t’aime. Et je veillerai à te le rappeler autant de fois qu’il le faut, parce que t’es à moi et que les autres te prendront pas.’ Il a déchiré ce que je portais à mesure qu’il me forçait à avancer pour aller dans le salon. Et il répétait toujours ‘T’es à moi.’ Ca se finissait jamais… » Les yeux toujours clos, la jeune fille avait l’impression de raconter cette histoire à son propre démon. Son visage se dessinait devant elle et ses yeux la toisaient du regard comme si il s’amusait de la marque qu’il lui avait laissée à l’intérieur d’elle. « J’essayais de me débattre, mais ça faisait mal… Alors, avec le temps, je subissais en attendant simplement qu’il ait fini au plus vite. J’ai voulu t’en parler plus d’une fois. Mais il m’avait dit que si j’en parlais à quelqu’un, il lui ferait du mal et qu’il s’en prendrait encore plus à moi, pour des piqûres de rappel… » Shae parvint enfin à ouvrir à nouveau ses yeux, mais ces derniers n’arrivaient pas à se relever pour affronter le regard de sa meilleure amie. « Je me dégoute… » conclua t-elle alors qu’elle cherchait à éviter le maximum possible un simple contact. Elle ne savait pas ce qu’elle pourrait lire dans le regard de sa meilleure amie, mais elle ne voulait pas y voir de la pitié. Elle ne le méritait pas, tout comme elle ne méritait rien si ce n’était ce mal éternel qui se perpétuait encore et encore contre son âme.

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Talisa (+) Le temps efface nos erreurs, peut être nos blessures

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