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Petit cours de philosophie. [Rhys.]

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MessageSujet: Petit cours de philosophie. [Rhys.] Jeu 10 Sep - 14:30

Vider le sac à dos, trier les affaires. Ranger les livres, trier les cadeaux, les souvenirs et puis, enfin, mettre le sac à dos au placard. Se retourner et observer le nouveau lieu de vie. Une petite baraque défraîchie louée peu cher à un paysan du coin. Une petite baraque avec un joli terrain au milieu duquel trône un arbre centenaire. C'est pour lui que Romy a craqué, pas pour ces quatre murs. Elle se voyait déjà passer des journées entière à flemmarder à l'ombre de l'arbre, à rêver, à écrire tout en savourant une tasse de thé. Que la maison soit vieille, que les murs soient humides, que l'électricité ne soit pas aux normes, que la tuyauterie ne cesse de sauter elle s'en moquait. Pour tout dire, elle avait encore bien du mal à réaliser qu'elle ne partirait plus des mois durant sur les routes, que sa tente ne serait plus son unique maison et que le chemin ne serait plus son unique paysage.
On dit bien souvent qu'il en faut du courage pour oser partir, pour oser affronter sa solitude. Mais le difficile demeure pour Romy dans l'acte de revenir. Pourquoi ce choix ? Elle-même ne serait véritablement le dire. Elle avait senti qu'il était temps de prendre racine à l'image de cet arbre dont la patience n'a d'égal que sa longévité. Après avoir vécu tel l'oiseau suivant le rythme des saisons, Romy trouvait qu'il serait juste de planter à son tour racine et de voir ce qui se passerait.

Alors la voilà ici. Un sac à dos vidé, des vêtements qui puent et pas une machine pour les laver. Un sourire amusé étire les lèvres de la trentenaire qui, à force de chercher fini par mettre la main sur un shirt, un débardeur et une pair de chaussette propre. Ce n'est pas le grand luxe, il fait d'ailleurs un peu frais pour afficher ses gambettes abîmées mais qu'importe, pour démarrer sa nouvelle vie Romy avait besoin de vêtements propres afin d'être « socialement acceptable. » Sourire amusé, qui ici supporterait l'odeur de fennec qui lui avait collé au train des jours durant ? Elle n'était même pas sûr que l'on supporte son air hagard et ses cheveux hirsutes. Cela pouvait se comprendre. Elle était quelque peu effroyable avec ses genoux cabossés, ses cernes et ses cheveux emmêlés. «Un véritable étron libre ! » Ne put-elle s'empêcher de clamer fasse à son miroir tout en rassemblant ses cheveux en un chignon aléatoire.
Enfilant ses vieilles boots, Romy emballa toutes ses affaires dans un sac poubelle et rejoignit sa voiture. Une vieillerie elle aussi. Une coccinelle jaune pétard que le vieux lui avait prêté. Il était gentil ce vieux. Un peu fou, à son image, sans doute est-ce pour cela qu'il avait été aussi bon. Et puis, il se souvenait de sa mère et de son père, et puis c'est qu'il l'aimait bien sa mère alors il pouvait bien faire ça pour sa fille. Les joies du retour à Memphis, une fois encore l'image de l'arbre, peut-être ne perd-t-on jamais ses racines quand bien même en eut-on l'impression ?
«J'ai un bon sujet de dissert' pour toi Rhys. » Déclara-t-elle tout en démarrant la vieille cocs' qui eut tôt fait de démarrer dans un tintamarre joyeux.

Rhys, ou l'ami, l'unique arbre faisant partie depuis des années du paysage de Romy. Rhys le cynique, Rhys le philosophe et puis, à présent, Rhys l'amoureux. Chose improbable et somme toute amusante lorsque l'on connaît un tant soit peu la bête. On le dit ours, on le dit froid ou bien encore arrogant. Autant de termes pour qualifier celui qui, à première vue, à effectivement l'air d'un aristocrate tout droit sorti de Versailles. Mais c'est exactement pour cela qu'il faisait parti de la vie de Romy. Par ailleurs, il avait l'esprit aventureux et vif. Il connaissait les voyages et tout deux correspondaient depuis suffisamment longtemps pour qu'il l'invite à son mariage en Inde.
C'était un vieux de la vieille et il était donc tout à fait légitime que Romy aille lui rendre une petite visite. Bien sûr, cela faisait trois mois qu'il n'avait point de ses nouvelles, bien sûr il ne savait rien de son retour en ville et, bien sûr, Romy se réjouissait de lui préparer cette petite surprise.

Faisant un crochet par le centre ville, elle déposa son sac de vêtements à la laverie, peine à trouver le bon programme, opta pour le lavage à 60° qui lui donnait trois heures à tuer avant de rejoindre l'imposant campus où le professeur exerçait ses cours. Elle eut tôt fait de trouver la salle, un immense amphithéâtre qui, dix minutes après son installation au dernier rang accueillit des centaines de jeunes élèves aux look divers et variés. Néanmoins, après quelques observations Romy trouvait que tous portaient cet air inspiré propre aux étudiants en philosophie. Des airs faussement débonnaires, faussement nonchalant. Des styles épicuriens savamment travaillés jusqu'à la coiffure faussement décoiffée. Si ces découvertes laissa Romy perplexe, ses réflexions furent avortées lorsque entra le professeur. Le silence se fit presque aussitôt alors que l'homme, voix sonore et regard lointain tonna l'introduction de son cours. Introduction portant sur la philosophie de Sophocle à travers ses œuvres tragiques. De quoi faire apparaître quelques moues maussades et Romy ne fit pas exception. Quand bien même fut-elle amoureuse de lectures diverses et variées, certaines notions philosophiques lui échappaient encore de même qu'elle demeurait absolument hermétiques à certaines littératures, la tragédie en faisant, bien évidemment partie.

La rêveuse eut donc tôt fait de laisser divaguer son esprit, prenant un malin plaisir à observer cette joyeuse populace qui demeurait l'avenir d'une société déjà bien malade. Qu'adviendrait-il de ces jeunes ? Seraient-ils à son image ? Se lanceraient-ils dans la finance ? Les affaires ? Continueront-ils de croire que la philosophie et le savoir peut apporter la rédemption ? Ou cesseront-ils de lutter lorsque le monstre avide du capitalisme ambiant les auront dévorés ?
Des voix s'agitant la tirèrent de ses rêveries. Les étudiants remballaient trousses et papiers alors que d'autres quittaient déjà la salle de cours. Romy se joignit au troupeau, trompant sans mal son monde jusqu'à rejoindre le bureau du professeur qui, dos tourné, rangeait mécaniquement ses affaires.
S'approchant, Romy tapota son épaule et déclara d'une voix timide de jeune jouvencelle en fleurs mais non moins enjouée : «Je crois ne pas avoir tout saisi de Sophocle monsieur... Peut-être pourrions-nous en discuter... Autour d'un verre ? »
La taquine se para de son plus beau sourire, attentive à la réaction de son ami qui, de souvenir, supportait difficilement que l'on puisse le draguer aussi effrontément.
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MessageSujet: Re: Petit cours de philosophie. [Rhys.] Dim 13 Sep - 23:04


Cours de Philo
Il n'y a pas de vérité, ni des êtres, ni du temps. Il n'y a que le présent, son éblouissement.

Troisième cours de la journée. Le dernier, assurément. Jusqu’aux suivants, le lendemain et le surlendemain. Parfois, il n’aime pas son job. Parfois si. Il aime les premières heures de la journée, où ses étudiants peuvent le trouver jovial, souriant, complètement à l’ouest parfois, mais de bonne humeur. Après, il s’épuise et s’énerve à devoir répéter la même chose au risque de ne pas être raccord avec le cours précédant. C’est pour ça qu’il donne un syllabus nécessaire pour l’examen et qu’il clarifie les choses depuis le début : ce qui est important, c’est le syllabus. Rien d’autre. Parce que ce n’est pas sur les choses qu’il dit qu’il interroge. Et c’est cela qui fait de son cours une réussite et lui permet de ne presque pas avoir de seconde session à préparer. Presque. Parce qu’il y a toujours un ou deux malins pour signer l’examen, alors que les trois-quarts des points sont répartis sur une question intuitive.  

Aujourd’hui, Rhys était parti sur Sophocle, qui n’avait strictement rien à voir les Sophistes de l’Antiquité, mais parlant d’Aristote il s’était égaré – comme d’habitude – sur un sujet qui n’avait rien à voir. Autant vous dire qu’il était plutôt impressionné par la présence de ses étudiants que par leur absence. Mais pour ce qu’il s’en soucie. Rhys est payé à palabrer dans son auditoire, et s’il n’y a qu’un seul élève alors tant pis, celui-ci aura droit à un cours en tête-à-tête. Et que cela ne donne d’idées à personne s’il vous plait. Ainsi, Sophocle n’a rien à voir avec son cours, mais le professeur était parti dans des théories que sans doute lui seul pensait et que personne ne chercherait à le contredire, car comme il le disait bien, ce ne sont que des théories.

Pas un seul instant, il ne balaya son auditoire du regard. Rhys est ce genre de professeur, qui ignore superbement ses étudiants, ne leur accordant de l’attention que quand les réflexions sont judicieuses et la pensée intéressante. Il ne demande jamais s’ils ont des questions, jamais. Il est généralement préférable de se lancer en plein cours et de l’interrompre, et comme il déteste ça, il faut espérer que l’étudiant a quelque chose d’intéressant à dire. Souvent, les élèves s’abstiennent. Pour éviter de croiser ce regard noir qui vous décourage.

Le cours prend bientôt fin, et d’ailleurs il écourte, n’ayant plus rien à leur dire. Rentrez chez vous, à la semaine prochaine. Et c’est dans un soupir qu’il se détourne d’eux, espérant la paix pour cette fin de journée. Il se fait le moins accessible possible, décourageant les timides qui espèrent qu’il lève les yeux vers eux pour poser leur question. Car tout ce dont a envie Rhys en ce moment, c’est de retrouver Kali, de se retrouver seul avec elle, à la maison et de laisser les cours sur le seuil de l’entrée. Et pourtant, une petite courageuse insiste. Outrageusement. Je crois ne pas avoir tout saisi de Sophocle monsieur... Peut-être pourrions-nous en discuter... Autour d'un verre ? Non mais quel culot ! Rhys soupire bruyamment, sans chercher à masquer son mépris quand il se retourne, prêt à la remettre à sa place. Les élèves autour d’eux avaient ralenti, juste pour assister au spectacle. D’aucun savent que draguer ainsi Monsieur Lloyd était à ses risques et périls.

Et puis il la reconnait, et reste stupéfait un moment. « Romy ?! » S’exclame-t-il, visiblement surpris. Les élèves s’arrêtent complètement pour les fixer tous les deux. Rhys, lui, n’a pas encore remarqué ses regards parce qu’il réalise que son amie est bien là, devant elle. Sa douce amie revenue de ses voyages. Il fit un pas en avant, comme pour l’enlacer, mais sa pudeur l’en empêche, il offre un regard à la jeune femme qui vaut toutes les embrassades chaleureuses du monde. Puis Romy, elle n’a pas besoin de grandes effusions. Cependant, le sourire qui étire ses lèvres et le regard intense qu’il lui offre ne manque pas d’attirer les regards, voire même un petit sifflet qui lui rappelle où il est. Et Rhys redevient dur et foudroie ses élèves du regard. « Vous n’auriez pas mieux à faire ? » Et les élèves sortent en levant les yeux au ciel. Puis il regarde son amie à nouveau, son visage s’adoucissant. « C’est moi qui offre, il va falloir que tu m’expliques ce que tu fais à Memphis. » Il prend son sac et sa veste et puis revient vers toi quand l’auditoire est complètement vide. Et là, seulement là, il s’autorise à venir embrasser ta joue et à te couver du regard. « Je suis content de te voir là. »
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